L’année dernière l’Association Sportive du Kaloum (ASK) s’était illustrée dans le recrutement de joueurs certes connus mais peu efficaces au regard de leurs âges avancés, ont estimé les supporters du club de la presqu’île de Kaloum. Cette année, le président du club semble résolument changer la tendance en se tournant vers les jeunes joueurs. Donc vers l’avenir. Dans cette interview, il revient sur ce changement d’option mais aussi sur bien d’autres questions liées au club, aux compétitions, au sponsoring…En un mot ou en mille, au football guinéen. Interview.

Vous êtes le président de l’Association Sportive du Kaloum (ASK). La saison dernière, votre club a terminé troisième derrière le Horoya AC et le Satellite, une déception pour vous on suppose, au regard des ambitions affichées.

Il est vrai qu’à un moment, l’ambition du club était de finir sur la plus haute marche du podium, mais le fait de se trouver dans le tiercé gagnant n’est pas trop décevant, quand on sait que l’équipe managériale actuelle a pris le club alors que le championnat était déjà lancé et que l’ASK se trouvait dans une position de reléguable.

Pour la saison qui commence ce mois-ci, l’AS Kaloum a opéré quelques changements, en recrutant un nouvel entraineur et en s’attachant les services de nouveaux joueurs. Vos espoirs de remporter le titre de champion de Guinée sont-ils maintenus ?

En tout cas, nous-nous sommes attelés à mettre en place une équipe que nous pensons plus compétitive. D’abord, en engageant un coach qui non seulement est du sérail, parce qu’il a déjà évolué au sein de l’équipe en tant que joueur, mais également qui jouit d’une bonne réputation en terme de compétence et de rigueur.

Ensuite, nous avons ciblé des joueurs du championnat local et d’autres venus de pays africains qui ont fait leurs preuves ici et ailleurs, ce qui représente autant d’atouts pour entamer la saison avec sérénité.

Ainsi, le club a engagé, par exemple, des joueurs jusque-là titulaires à l’Africa Sport d’Abidjan, et celui que d’aucuns considèrent comme étant le meilleur joueur de la saison écoulée en Guinée, Oumar Tourad Bangoura, qui évoluait au Satellite de Conakry.

Et la direction du club ? Envisagez-vous des changements à ce niveau aussi ?

Il y en a déjà eu avec l’arrivée d’Alpha Saliou Sow ‘‘Tostao’’ comme directeur général pour renforcer, aux côtés du directeur délégué et des autres responsables, l’administration du club. ‘‘Tostao’’ a un capital d’expériences acquis, entre autres, grâce à un remarquable parcours en Ligue des champions Africaine avec le Fello Star de Labé, il y a quelques années de cela.

Peut-on savoir jusqu’à quel niveau vous êtes impliqué dans les transferts de joueurs vers votre club ou vers d’autres ?

Je le suis comme l’est en général tout président de club. Le staff technique fait la prospection quand il estime que le besoin de recruter existe, tout comme il propose le transfert de tel ou tel joueur pour des raisons tactiques ou à cause d’un rendement insuffisant. A partir de ses propositions, je prends la décision finale en fonction de la pertinence de celles-ci et des moyens du club.

La saison dernière vous aviez relancé plusieurs anciens internationaux guinéens, quel est le bilan que vous tirez de cette expérience ?

Il s’agissait de marquer avec des joueurs expérimentés et célèbres, le « come-back » du mythique club ASK, qui plus qu’un club est un symbole dans lequel se reconnaissent notamment les habitants de la presqu’île du Kaloum. L’ASK a réussi son « come-back », remobilisé ses fans et redémarré une dynamique ascendante. C’était une étape importante et nécessaire, mais pas suffisante. Il s’agit maintenant de passer à une nouvelle phase plus offensive, pour consolider les acquis et monter dans le championnat.

Mais parmi ces anciens il y en a un, le gardien de but Kémoko Camara, qui a récemment affirmé dans la presse que vous n’avez pas respecté vos engagements en ce qui le concerne.

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que c’est avec moi, à la tête de l’Olympic de Conakry, que Kémoko a signé sa toute première licence, à l’époque où des joueurs comme Dakino, Wandel et autres Passi évoluaient dans ce club. Je l’ai fait venir à l’ASK alors qu’il n’avait même pas de club. A son sujet, je ne pense pas qu’il faille s’étendre en commentaires. Aujourd’hui, l’option des anciens joueurs n’étant plus d’actualité, cela va sans dire qu’il n’a plus sa place dans la nouvelle architecture du club.

Vous étiez à deux doigts aussi de faire signer l’ancien international sénégalais, Elhadj Diouf, qu’est ce qui a fait échouer ce transfert ?

Il était encore sous contrat. En plus, il a clairement exprimé sa réticence à travailler avec Amara Traoré comme entraîneur. Mais, comme je viens de le dire, l’option des anciens joueurs n’est plus de mise. La priorité est donnée aux jeunes joueurs.

Pourquoi n’avez-vous pas voulu continuer l’aventure avec le coach sénégalais, Amara Traoré ?

Le contrat qui liait l’ASK à l’entraîneur Amara Traoré est arrivé à son terme. Il faut ajouter également que les supporters, mécontents à cause des résultats qu’ils estimaient peu dignes d’un club comme l’ASK, exerçaient une pression sur la direction en exigeant sinon son départ, tout au moins le non renouvellement de son contrat.

Qu’est-ce que vous avez exigé de votre nouvel entraineur en termes de résultats ?

Que l’ASK fasse mieux que la saison passée. Le cap est fixé. C’est maintenant à l’entraîneur et à l’équipe de jouer. Les supporters et le public doivent également continuer à porter l’ASK.

La formation des jeunes joueurs est désormais au cœur de votre projet, envisagez-vous de mettre en place un centre de formation ?

La formation des jeunes joueurs est ma priorité. On est effectivement en discussion avec un instructeur français dans ce sens. En janvier, il sera à Conakry pour la finalisation du projet.

Vous êtes en train d’investir énormément au sein de l’ASK, mais un problème demeure : les infrastructures sportives sont inexistantes. Comptez-vous faire quelque chose à ce niveau ?

Le stade de la Mission sera bientôt fermé peut-être pour un mois afin d’effectuer des travaux de rénovation. Ainsi, vers fin janvier, au plus tard en février on va monter une pelouse synthétique. C’est là que sera installé le siège du club et il y aura également une salle de gym. Il faut dire que la pelouse du stade de la mission servira de terrain d’entraînement, avec deux séances par jour. Tout cela a été possible grâce à un protocole avec le ministère chargé des sports. A la Camayenne (Ndlr, un quartier de Conakry), nous allons mettre en place un centre d’hébergement pour les joueurs. Un centre de haut standing où ils pourront résider toute la saison.

On a remarqué un grand engouement du public pour le championnat la saison dernière, c’est-à-dire la première année de votre présence à la tête de l’ASK.

Faire revenir le public dans les stades de foot, fait partie de mes motivations. Dès le départ, on a fait en sorte que les matchs de l’ASK drainent du monde, à coups de battage médiatique, opérations de com, marketing, etc. Staff, joueurs, supporters, tout le monde entend aller plus loin cette saison pour faire du championnat une fête que personne n’aimerait rater.

Pour terminer, Nimba Mining, une des sociétés de votre groupe Nimba Holding, est le nouveau sponsor des championnats de ligue 1 et 2. Peut-on connaitre les raisons qui vous ont motivé à engager un tel partenariat avec la Feguifoot ?

Vous le savez, j’ai un engagement fort pour la promotion du football guinéen. C’est aussi ma conviction que le secteur privé guinéen doit contribuer au renforcement du sport au service de nos jeunes. Pour revenir au sponsoring de Nimba Mining, il va permettre d’assurer le déroulement normal des championnats de ligue 1 et 2 pour les trois prochaines saisons. C’est une implication d’autant opportune qu’elle intervient après que l’ancien sponsor, la société Rio Tinto, ait décidé de se retirer. Il fallait voir l’affluence lors des récentes séances d’entrainement de l’ASK, pour se convaincre que le public guinéen a hâte de voir notre pays renouer avec son glorieux passé de grande nation de football. Et c’est là mon rêve.

Interview réalisée par Tanou Diallo depuis Paris

 

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