Arrivé (presque) au terme de son mandat à la tête de la fédération guinéenne de football (FGF), le président Salifou Camara « Super V » devra bientôt, s’il veut rempiler, être à nouveau dans les starting-blocks. Et comme cela ne fait pas l’ombre d’un doute, les autres membres de l’équipe et lui-même affûtent les armes et les stratégies, se parent des meilleurs atours pour gagner, une fois de plus, la confiance de leurs électeurs. En face, on dénombre pour le moment deux candidats déclarés. Le président d’un club de ligue 2 (Flamme olympique), un certain Nimaga, et l’ancien footballeur reconverti depuis en agent de joueurs, Abdoul Karim Bangoura – AKB. Si cette liste des protagonistes restait inchangée, après validation bien sûr de la candidature des uns et des autres conformément aux statuts et règlements de la « Féguifoot »,  il est fort à parier que « Super V » s’en sorte encore plus facilement que lors de sa confrontation avec Aboubacar Bruno Bangoura, il y a quatre ans environ. D’où le désarroi qui pointe déjà dans le camp de celui qui passe pour son outsider, et dont l’un des signes révélateurs aura été la sortie au vitriol de son champion, le sieur AKB, sur la toile : arguments éculés, programme famélique et vague,  auto-glorification (dont le seul haut fait est une élimination en tant que joueur en 8e de finale d’une CAN), vulgarités et calomnie contre le président du Horoya dont le seul crime aura été d’affirmer son soutien à Salifou Camara, etc.

En dépit de l’envahissement des radios et télés par les supporters de l’ancien joueur du Syli, alors que ce ne sont ni les auditeurs ni les téléspectateurs, encore moins les journalistes qui vont voter, la messe semble déjà dite. Pour au moins trois raisons.

1 – Les acquis sur la pelouse et ailleurs.
La qualification du Syli national à la dernière CAN en Guinée équatoriale, dans un contexte d’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola qui a contraint le pays à jouer tous ses matches (aller et retour) à l’étranger. L’accès en quart dans un groupe où figurait le futur champion (Côte d’Ivoire) avant de céder devant le finaliste (Ghana). AKB et ses potes pourront toujours dire que ce n’est pas assez mais ils n’ont jamais réussi à faire mieux. La qualification des cadets (U 17) pour la CAN de leur catégorie au Niger où ils ont atteint la demi-finale et sont donc qualifiés pour la coupe du monde, malgré les contraintes évoquées plus haut à cause d’Ebola. L’élévation du niveau du championnat ces deux dernières années, marquée notamment par le parcours du Horoya et de l’ASK en ligue des champions africaine, alors que nos équipes étaient systématiquement éliminées lors des préliminaires depuis un certain temps.
A cette énumération qui est loin d’être exhaustive, il y a le fait que, pour la première fois, la fédération guinéenne de football s’est dotée d’un siège comme il faut. Quant aux images de Sepp Blatter, le président de la FIFA, en train de poser la première pierre du centre technique de Nongo, elles sont encore fraiches dans la tête des Guinéens …

2 – Les soutiens.
En tant qu’homme du sérail, Salifou Camara a conservé des relations de confiance avec la plupart des responsables des districts, des ligues et des clubs d’où son quasi plébiscite lors de son élection aux dépens
de Bruno et de Thiangui en 2011. Et ce capital semble intact en dépit de quelques frustrations remarquées çà et là. Mais le soutien qui marque le plus les esprits, et qui hante les nuits du « candidat » AKB, est assurément celui que vient d’afficher le président du Horoya Athletic Club, et par ailleurs patron de Guinée Games, Antonio Souaré. L’homme jouit d’un respect à la limite de la dévotion dans le milieu, plus à cause du professionnalisme, de la rigueur et de la probité dont il ne se départit jamais, qu’à cause de sa fortune. On peut aisément imaginer le pouvoir de persuasion qu’il pourrait avoir une fois en face de ses pairs et des autres électeurs venus des ligues et districts …

3 –  Les carences du camp d’en face.
On pourrait affirmer, non sans une certaine complaisance, que AKB a été un grand joueur au sein d’une génération du Syli qui avait réussi à faire revenir la Guinée en phases finales de la CAN après quatorze
ans de disette (Lagos 80 – Tunis 94). Même si cette « performance » peut s’expliquer aussi par la multiplication par deux du nombre d’équipes qualifiées qui est passé de huit à « Alger 90 » à douze pour « Dakar 92″, puis à seize avec le retour du Syli à ‘Tunis 94 ». Quant à ses aptitudes à diriger une fédération, sans le moindre background à brandir en l’occurrence, même munis de lunettes astronomiques on aurait du mal à les mettre en évidence. Encore s’il n’avait pas pour « éminences grises » Salam Sow et un certain Titi Camara …

Top Sylla

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