« Nous aussi nous allons dresser la liste des anti-changement de constitution », assène Camara Alassane, Rpgiste, Facebookeur et fervent défenseur du changement de constitution. Dommage. Le débat sur la révision ou le changement de constitution avait pourtant commencé de manière relativement civilisée. Il y avait les pour et il y avait les contre. Chacun y allait de ses arguments, douteux ou rigoureux, juridique ou politique. Et le débat avait commencé à se dérouler un peu partout. Émissions radios, réseaux sociaux, sites internet, etc.

Et puis des petits malins ont commencé à faire de la surenchère avec à leur tête, le Balai Citoyen. Restant dans sa logique de copier-coller, Sekou Koundouno et consorts ont cru intelligent d’importer une pratique qui est née dans certains pays où il y a également eu des velléités de changement de constitution pour maintenir un Président au pouvoir. Plus particulièrement le Burkina Faso où ceux qui ont renversé Blaise Compaoré ont interdit toute candidature à ceux qui avaient soutenu le projet de changement de constitution en sa faveur.

Voilà donc que le Balai Citoyen, très vite suivi par des activistes des réseaux sociaux, a jugé utile de commencer à établir des listes de Guinéens favorables au changement de constitution. Pour quoi faire ? Les faire juger plus tard ? Les déchoir de leurs droits civiques ? Leur retirer la nationalité guinéenne ? On se demande bien.

Un membre de l’UFDG très actif sur les réseaux sociaux est plus explicite. Après avoir commencé sa propre liste en énumérant quelques « promoteurs » de la nouvelle constitution, il annonce sur sa page que « d’autres noms viendront au fur et à mesure… ». Il poursuit en demandant que « le peuple en soit informé… pour qu’en temps opportun, les Guinéens fassent comme les Burkinabé… ». Enfin ce même militant-activiste demande à « la diaspora guinéenne en France, Europe et ailleurs » de « s’impliquer pour engager des actions contre les mercenaires politiques comme Albert Bourgi ». Vous lisez bien : « Engager des actions contre les mercenaires ». Quelles actions ?

De là à demander de s’en prendre physiquement à tous les défenseurs de changement de constitution, il n’y a qu’un pas. Certains l’ont déjà franchi.

On en est donc arrivé à ce point et le camp pro-constitution ne veut pas être en reste : « Nous aussi nous allons constituer au moins deux listes : ceux qui sont contre la nouvelle constitution et ceux qui sont contre et qui menacent ceux qui sont pour. On avisera de ce qu’on fera d’eux lors du troisième mandat ».

Escalade verbale, surenchère militante, menaces physiques, propagande et réaction violente. Voilà comment naissent les germes de la guerre civile.

François Boret

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