Après la marche pacifique du 16 août dernier, qui marquait ainsi la rupture de la trêve observée depuis le début du second mandat du président Alpha Condé, l’opposition républicaine compte remettre ça, dès après le départ des pèlerins pour la Mecque. Le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, qui a fait cette annonce, ne rate aucune occasion pour tancer le président Condé, qu’il accuse d’user de la violence pour assoir son règne.

L’assemblée générale de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), qui s’est déroulée le samedi dernier au siège du parti, au quartier de Commandayah, a été une occasion pour le chef de file de l’opposition d’inviter ses militants à la mobilisation, dans la perspective des manifestations de rue, qui devront reprendre dès après le départ des pèlerins musulmans pour la Mecque. Car après la marche pacifique du 16 août dernier, qui marquait ainsi la fin de la trêve observée par l’opposition, depuis la réélection d’Alpha Condé en 2015, les opposants n’entendent pas démordre. Cellou Dalein Diallo et ses pairs  veulent maintenir la pression sur le pouvoir, dans le but d’obtenir une satisfaction à leurs revendications. Des revendications qui reposent pour l’essentiel, sur l’organisation des élections communales et communautaires. Même s’il faut y ajouter la mise en place d’une Haute Cour de Justice, ainsi que l’indemnisation des victimes des violences politiques. Sans oublier la refonte de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), une institution désavouée par l’opposition, qui l’accuse de rouler pour le pouvoir exécutif.

C’est dans ce contexte tendu que s’est déroulée l’assemblée générale hebdomadaire de l’Union des forces démocratiques de Guinée, le principal parti d’opposition. Un événement qui a servi de tribune à Cellou Dalein Diallo pour lancer des piques au chef de l’Etat. « Alpha Condé  compte sur la violence pour asseoir un pouvoir volé à l’UFDG. Alpha, ni en 2010 ni en 2015, n’a gagné les élections. Nous avons en 2010 appelé au calme. En 2015 également pour épargner les vies de nos compatriotes. Et éviter d’engager notre pays dans une guerre dont personne ne connaît à l’avance l’issue. Malgré tout, on assiste à la répression, à l’emprisonnement, aux affectations arbitraires et à la rétrogradation des fonctionnaires qui avaient osé exercer leur droit d’adhérer librement au parti de leur choix, qui est l’UFDG », rouspète le chef de file de l’opposition.

Pour le chef de l’opposition, les Guinéens seraient désabusés par la gouvernance actuelle. Une gouvernance basée selon lui sur « la violence et la ruse. »

Cellou n’a pas fait non plus de cadeau à l’institution judiciaire, quand il affirme tout de go ‘’qu’il n’y a pas de justice dans ce pays’’, et promet de se battre pour inverser cette tendance.

Ce discours « musclé », ressemble à bien des égards, à celui que  Cellou Dalein Diallo, avait prononcé la veille, lors des obsèques de Thierno Hamidou Diallo, jeune marchand tué en marge de la manifestation de l’opposition du 16 août dernier.

Il avait déploré lors de cette sortie, la mort de ce jeune marchand, qui d’après lui est la 73ème   victime de la « répression sanglante infligée au peuple de Guinée. »  Appelant ses militants à ne pas ‘’fléchir, et à  continuer la lutte pour que  ceux qui sont morts avant Thierno Hamidou bénéficient de la justice’’, avait martelé Dalein Diallo.

Il faut rappeler que le parquet général a annoncé l’ouverture d’une enquête suite à la mort par balle de Thierno Hamidou Diallo, le 16 août dernier à Bambeto, quartier de la banlieue de Conakry. Le procureur de la république, Sidy Souleymane N’Diaye a déclaré à propos de l’affaire, qu’au niveau de la Direction centrale de la police judiciaire, des investigations approfondies seraient en cours. Le suspect interpellé est un capitaine de police qui a été  soumis à la procédure d’enquête de police.

Le parquet général promet de faire toute la lumière sur ce dossier criminel, après l’autopsie du corps de la victime par un médecin légiste.

Une majorité présidentielle sur la défensive

Dans ce climat devenu délétère, le pouvoir semble « sourd et aveugle » aux critiques formulées par l’opposition. Certes Albert Damantang Camara, porte-parole du gouvernement a déclaré au lendemain de la manifestation de l’opposition que rien ne sert de recourir à la rue, et que les divergences entre les deux camps pouvaient se résoudre autour de la table. Mais l’opposition ne croit pas en la bonne foi du pouvoir, vu que des recommandations issues des précédents dialogues inter guinéens sont restées dans les tiroirs.

Le parti au pouvoir a l’air d’être sur la défensive, et les intervenants lors de ses assemblées générales hebdomadaires qui ont lieu tous les samedis, font quasiment tous preuve de sarcasme, quand ils parlent de l’opposition.

Comme Bantama Sow, ministre conseiller de la présidence de la république qui a annoncé samedi dernier qu’en 2020, ‘’il n’y aura pas match entre le parti au pouvoir et ses adversaires’’… Une allusion à peine voilée au projet de troisième mandat qui commence à prendre forme dans les esprits de certains caciques de la majorité présidentielle’’.

Pour ce proche d’Alpha Condé, les opposants, à travers leurs manifestations de rue, veulent simplement mettre les bâtons dans les roues du pouvoir, dans le but d’empêcher  Alpha Condé de mener à bout son programme de gouvernance, d’ici 2020.

Quant à Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle, il met en garde le chef de l’opposition contre d’éventuels troubles susceptibles de saper les fondements de la démocratie. Car, selon lui, si Dalein compte empreinter autre voie que celle des urnes pour accéder à la magistrature suprême, ce serait peine perdue pour lui, a-t-il averti.

A cette allure, maints observateurs s’accordent à dire que l’épreuve de force va vers un durcissement. Et que la Guinée risque de connaître des lendemains incertains.

L'indépendant

Alpha Amadou Diallo        

 

 

               

 

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