La Commission électorale nationale indépendante(CENI) est au cœur des débats depuis près d’une dizaine d’années. Des débats récurrents en effet s’articulent sur sa composition, sa mission, son statut ou son budget.

Les partis de l’opposition incluent régulièrement les problèmes de la CENI dans leurs plateformes revendicatives et n’hésitent pas à descendre dans les rues en des manifestations presque toujours réprimées par la force.

Au-delà des controverses et manifestations autour de la CENI se profile une mal gouvernance qui ne dit pas son nom, elle est à l’origine de tous les couacs dont souffrent les administrations publiques ou privées, la classe politique et le peuple. Il se dégage néanmoins, peu à peu, un consensus pour la mise en place d’une CENI technique qui aurait l’avantage d’être plus neutre  et plus dynamique ; elle se composerait d’un nombre réduit de commissaires expérimentés n’obéissant pas à aucune obédience politique et reposerait essentiellement sur des assistants techniques constituant une véritable administration électorale permanente qui s’étendrait sur toute l’étendue du territoire national.

Les dirigeants de la CENI actuelle croient pour bon nombre d’entre eux à cette option d’une CENI qui soit technique et neutre. Ils ont donc décidé d’œuvrer dans ce sens en posant quelques actes. De 2014 à 2016 une série d’ateliers de renforcement des capacités des ressources humaines a été initiée avec l’appui constant des partenaires au développement .Ainsi 76 assistants des 33 préfectures et des 5 communes de Conakry ont reçu en deux sessions  successives une formation bridge sur les élections ; ils ont été suivis en 2015 puis en 2016 par une soixantaine d’assistants de la CENI centrale .L’auteur de ces lignes est l’un des heureux bénéficiaires de la dernière session de formation qui vient de se dérouler  à Kindia du 7 au 11 mars 2016. C’est un atelier participatif intense au cours duquel sont passés en revue tous les aspects organisationnels qui président à la tenue d’une élection libre, crédible, transparente et acceptée par tous.

Je retiens globalement de cet atelier de Kindia trois choses : primo le programme est si intense et le délai si court qu’on ne pourrait le maîtriser qu’à longue échéance d’où la nécessité de formations régulières si possible une fois l’an .Secundo beaucoup d’assistants sont handicapés par leurs formations scolaires ou universitaires impactées par l’enseignement au rabais que l’on sait .Tertio le pool de formateurs est constitué pour une grande part de cadres suffisamment  volontaires et compétents même si ,selon leurs propres dires ,la Guinée ne possède pas encore d’expert électoral suivant les grades de formateurs   en bridge.

Au finish toute la bataille de l’édification d’une démocratie revient à doter le pays d’un bon leadership, car c’est cela qui conditionne tout le reste. Pour le comprendre on pourrait rappeler cette boutade lancée par le président Alpha Condé recevant à Sékoutouréyah les commissaires de la CENI : «Vous dites que vous êtes indépendants, mais en attendant c’est moi qui vous paye ». Ceci en dit long sur les turpitudes que connaît notre institution en charge des élections.

O.TIERO in L’Indépendant, partenaire de guinee7.com                                

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici