Le FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) existe depuis une année. Comme son nom l’indique l’objectif de départ était d’empêcher toute modification de la constitution de 2010. Une année après sa création, nous faisons l’autopsie du combat mené par ce mouvement, avec le politologue guinéen Kabinet Fofana.

Guinée7 : Bonjour Kabinet Fofana,

Kabinet Fofana : Bonjour monsieur !

Le front national pour la défense de la constitution a un an d’existence. Pour commencer est-ce que la nécessité de créer un tel mouvement s’imposait à l’époque ?

Effectivement cela fait une année que le FNDC existe. Le débat sur la constitution s’est posé depuis donc l’entame de l’année 2019. Alors, était-il nécessaire que des acteurs politiques et sociaux se constituent en front à l’époque ? je dirai que cela est relatif et dépend plutôt de la position des acteurs. Pour le FNDC cela était une urgente nécessité. Ils ont être anticipatifs au visa de l’incertitude que faisait montre le président sur sa volonté de proposer une nouvelle constitution à la Guinée. Maintenant, de mon point de vue, aussi vrai que l’idée d’un front qui regroupe partis politiques et acteurs sociaux n’est pas une première, cela fut le cas des forces vives en 2008, je pense néanmoins qu’en termes de stratégie, le recours dès le départ aux manifestations de rues m’ont semblé prématuré. Pourquoi parce que ceci devait plutôt être mobilisé en dernier ressort pour faire non seulement plus d’impact mais éviter également la monotonie dans le modus du FNDC qui s’apparentait à celui de l’opposition politique. Même si l’idée du FNDC a voulu être proactif a par rencontré l’assentiment des militants des partis d’opposition qui battent sciemment le pavé depuis l’avènement d’Alpha Condé au pouvoir, notamment ceux de Conakry.

A l’arrivée une constitution a été adoptée en Guinée. Peut-on parler d’échec ?

Ce n’est pas tout à fait un échec, quand on sait que les actions de mobilisation du FNDC ont quand même permis de révéler à la communauté internationale l’existence d’une profonde contradiction politique autour de la réforme constitutionnelle. Ce qui a déterminé la position d’organismes comme l’Union européenne, la France ou l’Union Africaine qui ont regretté le caractère non inclusif du double scrutin.

Même si l’objectif final n’a pas été atteint ?

Quand on juge sur l’objectif in fine, on dirait que cela n’a pas servi puisque les résultats des élections ont été validés par la cour constitutionnelle. Il faut cependant dire que même si les époques ont changé, les opposants au changement constitutionnel n’avaient pas aussi en 2001 empêché Lansana Conté de faire passer sa nouvelle constitution. La raison est justement que c’est difficile dans notre pays de tenir tête au pouvoir. Pour plusieurs raisons bien évidemment

Comparativement aux forces vives en 2008-2009, le FNDC devrait-il faire front commun avec les politiques ?

Je pense que le fait que les partis politiques s’associent à la question de la défense de la constitution est tout à fait légitime en ce sens qu’ils sont les premiers intéressés par la chose politique par définition bien sûr. Par contre, quand on observe par analogie donc tous les pays où des plateformes du type FNDC ont existé et ont réussi dans leur lutte, elles ont été d’initiative citoyenne. Pourquoi ? Parce que cela présente l’avantage d’être des associations qui ne soient pas clivantes donc partisanes et échappent aux logiques communautaires, alors que le FNDC est quelque fois perçue comme un alibi pour les politiciens qui le composent donc une affaire des politiciens.

S’il y a encore une raison pour le FNDC d’exister, quel devrait être son prochain cheval de bataille ?

Le front devrait essentiellement à présent user du levier de la communauté internationale, plus précisément des instances régionales et la CEDEAO pour convaincre le président Alpha à s’inscrire dans la même dynamique que son homologue Ivoirien puisque cela est encore envisageable avec des gages bien évidement de toute part.

L’alternance démocratique ?

Oui laisser la possibilité à son parti de présenter un candidat autre que lui. Ainsi il permettra une alternance politique apaisée. Mais d’ici là, que toutes les forces convergent pour juguler la crise sanitaire que connait notre pays à l’instar du monde entier.

Merci d’avoir répondu à nos questions

C’est moi !

Alpha pour Guinee7

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