Un activiste de la société civile déplore l’absence de l’Etat dans les zones d’orpaillage de Siguiri, où les populations sont livrées à elles. Dans un entretien accordé à notre reporter, Moussa Baro tire la sonnette d’alarme sur les conséquences de cette absence des services de l’administration, dans cette zone, où il n’y aurait ni école ni centre de santé.

Que pouvez-vous nous confier à propos de l’exploitation artisanale de l’or à Siguiri ? 

Moussa Baro : Oui en tant que membre de la société civile, nous suivons de près la vie au quotidien de la population de la place. Récemment avec l’ONG Action mine, on a fait dans le village de Tomson un documentaire dans la zone minière. En réalité dès que vous vous trouvez dans ces zones, directement vous enregistrez un paradoxe dans cette zone d’exploitation artisanale de l’or. C’est vrai que la zone est vraiment propice en or. Mais l’absence de l’Etat s’est tellement fait ressentir dans le sens ou aujourd’hui la population de Tomson vit dans une précarité désastreuse. Il n’y a pas d’école, pas d’infrastructures routières, pas d’infrastructures hospitalières. La seule présence de l’Etat c’est le seul PA qui est là-bas. Cet entretien   est pour nous une arme ou une doléance qui pourra nous permettre de nous adresser directement ou indirectement aux personnes de bonne volonté, aux institutions internationales, à l’Etat guinéen, afin qu’ils puissent vraiment venir en aide à la population de Tomson, en particulier et à la population de Sèkèt, là où on pratique l’exploitation artisanale de l’or en générale.

Quand on préparait cette interview, vous avez souligné que si les gens ne se lèvent pas le pire est à venir. Qu’est-ce qui vous a poussé à dire cela ?

Evidemment monsieur moi, je suis engagé dans ce cadre pour ne pas que ma conscience me reproche un jour. Je te donne un exemple. J’ai été témoin d’un décès que tout le monde pouvait éviter, surtout l’Etat guinéen. Une femme enceinte a perdu la vie et la vie de son enfant tout simplement parce que son accouchement ne pouvait pas se faire sur place. Mais il se trouve qu’il n’y avait même pas une voiture à plus forte raison une ambulance sur place. On était obligé de prendre une moto à trois roues, afin qu’on puisse transporter la femme dans un centre hospitalier. Mais bien avant son arrivée elle a rendu l’âme. C’est ce qui m’a poussé à venir m’approcher surtout de vous, vous qui êtes le quatrième pouvoir pour qu’on puisse ensemble, essayer de trouver des solutions à ces problèmes.

A part cette problématique de santé, ya-t-il d’autres constats non reluisants dans les zones d’exploitation artisanale de l’or à Siguiri ?

Evidemment, comme je viens de le dire, y a plus de 500  voire mille enfants en  âge d’aller à l’école que les parents veulent inscrire, mais il n’ya pas d’instituteurs. La population villageoise a construit trois salles de classes mais il n’y a qu’un seul enseignant. Mais ce dernier aussi a une santé chancelante. Vous imaginez un seul instituteur mon frère ça, c’est une honte pour notre pays.

Au point de vue environnemental, qu’allez-vous nous indiquer?

A Tomson par exemple, l’endroit que je connais mieux où j’ai travaillé, après l’exploitation les sociétés présentes sur les lieux reviennent toujours pour le reboisement. Les images se trouvent avec nous. Ils procèdent aussi à la fermeture des trous. Ce sont des populations qui n’ont jamais été à l’école mais elles sont conscientes de l’utilité de l’environnement.

Selon certaines sources dans les zones minières, il y a pratiquement plusieurs nationalités, confirmez-vous cette information ?

Bien sûr, il y a des Mossi c’est-à-dire des Burkinabés, nos frères Maliens sont là-bas. J’ai même rencontré un Soudanais, ya des Libériens, des Sierras léonais…. C’est une évidence sur le terrain.

Il semble que ces derniers font de la contrebande ?

Ce qui reste clair, c’est qu’ils gagnent beaucoup d’or, ils ne réalisent rien en Guinée. Tout ce qu’ils engrangent, ils partent chez eux pour réaliser.

Dans ce sens, avez-vous un message a suggéré à l’Etat pour remédier à cet état de fait ?

C’est de prendre ses responsabilités, d’être présent sur le terrain, c’est tout.

Interview réalisée par Richard TAMONE in L’Indépendant, partenaire de guinee7.com           

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