Le moins qu’on puisse dire est que l’exécutif guinéen s’emmêle les pinceaux quand il s’agit de discuter de la nouvelle constitution qu’il veut soumettre à la population. La preuve ? Le décalage entre le discours du président Condé et le contenu des consultations mené par son premier ministre. Celui-là dans son adresse à la nation, le 4 septembre dernier, a dit qu’il comprend : « le débat en cours dans le pays sur tous les sujets de préoccupation y compris la Constitution. Mais, comme je l’ai indiqué auparavant, il ne m’appartient pas de trancher ou de choisir à la place des Guinéens. Avant toute prise de position personnelle, j’ai le devoir d’écouter tout le monde. Pour ce faire, j’instruis le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, d’initier des consultations avec les institutions de la République, les partis politiques, les syndicats, les organisations de la société civile pour recueillir les avis des uns et des autres dans un échange ouvert sur les différentes questions pour que le débat porte sur les arguments et les recommandations. Tout sujet peut être discuté dans une démocratie. »

En un mot, ou en mille, il a été instruit au premier ministre d’engager les consultations sur l’idée d’une nouvelle constitution.

Le hic ? Le premier ministre en engageant des consultations, y introduit l’affaire des législatives qui n’intéresse que la CENI et les acteurs électoraux. Alpha Condé lui, le sait, c’est pour cette raison qu’il a engagé, dans la même adresse, ‘‘le Premier Ministre et le Gouvernement à soutenir et accompagner la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI) et les acteurs électoraux afin de créer les meilleures conditions de préparation et d’organisation des scrutins attendus dans notre pays’’ ?

Alors posons une question à la Sidya Touré : Qu’est-ce que les législatives ont à avoir dans cette affaire de consultations ?

Le gouvernement parle de nouvelle constitution comme si c’était une activité illicite ; prend des précautions, comme s’il manipulait un produit inflammable. En l’évoquant, il clignote à droite et vire à gauche.

« Malheureusement, le contenu de la correspondance que nous avons reçue, ce n’est pas ce qui nous a été dit dans la salle », disait Amadou Diallo, syndicaliste, au sortir des fameuses consultations. Et il n’est pas le seul à constater cela.

L’attitude qui consiste à faire dans la fioriture jette un discrédit sur le projet de nouvelle constitution. Et fait douter la population.

Sinon ça devrait être simple comme bonjour. La CENI s’occupant déjà des législatives, il faut juste écouter les « consultés » sur la question de la nouvelle constitution. Point barre.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com