Cher ami, je ne serai pas long parce que je ne tiens nullement à me voir imposer un dialogue de sourds. Si j’ai pris la peine de répondre à votre article, c’est d’abord par devoir vis-à-vis de mes confrères et pour défendre au moins certains principes de base, universels pour tout journaliste digne de ce nom. Pour moi, certaines questions ont un sens qui dépasse les manœuvres à la fois futiles et inutiles. Nos articles en question étant disponibles sur le site de Guinee7, le public a tout le loisir de se livrer au jeu de lecture auquel vous m’invitez imprudemment. J’ai confiance en ce que j’ai écrit, j’assume l’entièreté de mes arguments et je le laisse juger. Mais ne vous y trompez pas : à mon niveau, la cause est entendue car c’est la toute dernière fois que je m’adresse à vous par écrit.

Cher Monsieur Hawing, après avoir lu votre réplique, je tiens d’abord à vous rassurer – et avec le sourire s’il vous plait – sur au moins deux points : je ne suis pas monnayable et je suis de ceux qui pensent que seuls les esprits faibles s’aventurent sur certains terrains et autres considérations qui nous distraient. Les attaques drôlement personnelles ne servent à absolument rien dans ce type de débat.

Cher ami, votre origine ne m’intéresse pas, encore moins votre domaine de recherche. Si vous avez bien lu mon article, à aucun moment je n’y ai fait allusion. C’est bien le cadet de mes soucis. Par contre, vu la condescendance dont vous faites preuve en parlant des journalistes – et ce sentiment est renforcé par vos citations sélectives de Otto Von Bismarck et Bernard Tapie, concernant les journalistes que vous n’êtes pas loin de mépriser -, vous n’avez pas le droit de nous servir un article bourré de fautes de grammaire, de syntaxe et que sais-je encore. Si vous avez la prétention de transmettre le savoir, d’être un donneur de leçons devant l’éternel, vous devez être un modèle à tous points de vue. Si vous ne parvenez pas à maitriser vos glissades dans la langue française, même en vous excusant votre style trop touffu, je risquerais de vous accuser d’un impardonnable manque de rigueur intellectuelle. C’est ce que j’ai relevé et je ne change pas une virgule. Le doyen, feu Siaka Kouyaté, disait un jour à un jeune journaliste un peu trop présomptueux : « vous n’avez pas assez lu pour prétendre écrire »…

Je suis, trois fois hélas pour vous, mon très cher Hawing, de ceux qui pensent que les journalistes savent mieux que quiconque ce dont ils ont besoin. C’est mon point de vue. Je vais finir par vous donner, humblement, un bon conseil qui va dans votre intérêt et celui des journalistes (les pauvres !). Je vous prie, cher ami, de cesser de perdre votre temps à chercher vaille que vaille des choses sur le journalisme dans le but d’administrer des leçons « savantes » qui, analysées par les initiés, prêtent à sourire. Il y va de votre merveilleuse image et de la logique que vous défendez depuis votre premier article. Autrement, « les spécialistes de tout et finalement de rien du tout », ces petits journalistes, risquent de vous poser la question qui fâche : mais qui êtes-vous pour nous donner des leçons de journalisme ?

Alors, de grâce, Cher Monsieur Hawing, ne donnez pas raison à l’éminente journaliste française de l’hebdomadaire L’Express, Françoise Giroud pour ne pas la nommer, qui disait : « certaines personnes se croient aimées par les uns et détestées par les autres. C’est plus grave que ça : elle ne sont rien du tout ». Vous, Guillaume Hawing, vous êtes un grand monsieur alors tâchez de le rester.

Bien à vous.

Saliou SAMB

Journaliste, correspondant de Reuters en Guinée

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