Le Conseil national de la Transition (CNT) est convoqué par le président Alpha Condé pour examiner et adopter le projet de lois des finances 2014. Ce qui fait du bruit, comme il était normal, dans le landerneau politique guinéen. Parce que l’opposition pense que c’est aux députés issus des dernières législatives de décider du sort de ce budget. Dès lors que ces personnes ont été déclarées députées par la Cour Suprême.

Le hic est que l’opposition n’a certainement pas tenu compte de ce que l’article 157 de notre constitution dit : ‘‘Le Conseil National de la Transition assumera toutes les fonctions législatives définies par la présente Constitution jusqu’à l’installation de l’Assemblée Nationale.’’ Et comme cette Assemblée n’est pas installée, Alpha Condé a cru bon de confier ‘‘son’’ budget au CNT.

Au-delà de cet aspect légal, le pragmatisme ne doit-il pas prévaloir ? Le temps imparti pour installer l’Assemblée nationale (élire le président, mettre en place le bureau, constituer les groupes parlementaires et commissions, etc.) avant d’examiner une loi des finances qui normalement doit être bouclée plus tard le 31 décembre est-il suffisant ?  Nos députés pour les cinq prochaines années n’auront-il pas le loisir d’examiner cinq autres lois des Finances ? Pourquoi l’Opposition au lieu de se mettre dans les frivolités n’a pas exigé la convocation des députés par le chef de l’Etat dès après la proclamation des résultats par la Cour suprême ?

S’il n’y a pas une volonté manifeste de bloquer le système ne devrait-elle pas laisser le CNT faire son boulot avant l’installation de la nouvelle Assemblée qui à bien des égards devrait attendre un tout petit peu.

Ibrahima S. Traoré