Dans tous les pays démocratiques du monde, le droit de manifester est consacré par la loi fondamentale. Mais faut-il pour autant en abuser ? Je suis sûr que si les constitutionnalistes savaient que cette loi allait tomber dans des mains de personnes au comportement puéril, ils allaient réfléchir mille fois avant de la consigner.

En France, au Sénagal, aux USA ou ailleurs, manifester es un droit. Mais là-bas on ne manifeste pas pour un oui ou pour un non. On manifeste pour des choses sérieuses. Et comme la rareté fait la valeur, les manifestations qui ne se décident pas dans un coin de rue, sur le capot d’un véhicule, portent le plus souvent. « Pour qu’il réussisse à effrayer les enfants, le monstre passe une seule fois. Mais à plusieurs passages, il devient l’ami de ces enfants», dit un adage de la Basse Guinée.

Autrement dit, les manifestations à répétition de l’opposition risquent de n’avoir d’effet que l’usure de cette opposition. D’ailleurs sur le terrain on constate que plus elles se font pire c’est. En tout cas en termes de mobilisation et d’efficacité. Les jeunes poseurs de cailloux et de troncs d’arbres sur l’axe de Cellou Dalein s’en lassent et Dalein, le maître des lieux justifie cela par un vaste achat de conscience orchestré par le pouvoir.

Mais ce dont Dalein et ses illuminés ne prennent pas en compte et qui pourrait être fatale pour son parti, c’est bien l’image de parti violent qu’il imprime à son parti. En plus combien, ils sont des habitants anonymes de l’axe Hamdallahi-Bambéto-Coza qui n’arrivent pas à rallier leurs écoles  pendant les manifestations pendant que les élèves de l’autre côté rallient facilement leurs écoles ? Combien ils sont des malades qui ne peuvent être admis en urgence dans un CHU parce qu’en ces moments de manif, il n’y a pas de route ? Combien elles sont ses femmes à terme qui accouchent à la maison avec tous les risques qu’elles courent pendant ces moments de folie sur cet axe ? Et tutti, et quanti ! C’est pour toutes ces raisons, évidemment et d’autres, que les personnes responsables n’abusent pas de la partie de la loi qui leur donne le droit de manifester.

Mais aussi il faut rappeler qu’on « ne peut pas prétendre danser pour les fourmis en les piétinant ». Cette phrase est de Gassama Diaby qui, n’en déplaise à ses détracteurs, ne dit pas que des sottises.

Ibrahima S. Traoré

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