Ce samedi  17 mai, la ministre de l’Agriculture Mme Jacqueline Sultan, accompagnée des membres de son cabinet ; des présidents des Délégations spéciales de Matoto et de Ratoma ; et du représentant de la FAO en Guinée, M Obama,  a procédé au lancement de
la campagne Agricole Maraichère 2014-2015 à Conakry. Ainsi, pour marquer l’événement, trois sites ont été visité par la ministre et sa suite. Notre reporter était de la partie.

Le 1er site visité par Mme Jacqueline Sultan est situé au quartier Kissosso dans la commune de Matoto. Là, le groupement  Sabary-composé de 55  membres dont 45 femmes travaillent sur un bas fond privé de 3 ha. Et la principale culture est la ciboulette (feuilles d’oignon). Après une visite de terrain, la représentante des femmes s’adressant  à la délégation a sollicité un terrain,  de l’engrais et les outils de travail.  En réponse, Mme Jacqueline Sultan  a déclaré : ‘‘Prenez du courage,  le gouvernement va vous appuyer dans ce que vous êtes en train de faire surtout que l’on sait que vous avez en charge la scolarité de vos enfants et de votre famille. Nous sommes venus ici pour nous enquérir des réalités.’’

Le Président de la délégation spéciale de Matoto, M. Koumandian  Keita a mis l’occasion à profit pour suggérer: ‘‘l’amélioration de la qualité des semences. Parce qu’elles prennent parfois des semences de mauvaises qualités. Et cela a un impact sur la récolte. Donc, il faut la sélection non seulement des semences, mais aussi choisir les plans et s’il le faut diversifier en cultivant de l’aubergine, du piment, au lieu de s’en tenir qu’à l’oignon.  Votre visite est un début de solution à l’ensemble des problèmes.’’  Le département de l’Agriculture a offert des dizaines de brouettes, de pelles, de dabas, des semences à ce groupement.

L’étape de Lambanyi

Après Kissosso, cap sur le site de Lambanyi, secteur Simbanbossia précisément à Khombet où trois groupements exploitent les bas-fonds. Ici, les femmes cultivent du gombo, de l’aubergine, des patates. Djenba Soumah, membre du groupement ‘’Limanaya’’ a déploré : ‘‘l’envahissement du bas fond par les constructions anarchiques. C’est grâce à l’implication des autorités locales et de la presse que  nous sommes arrivés à conserver nos terres. Mais, nous sollicitons encore l’appui des autorités pour continuer à nous protéger.’’

Le chef de quartier de Lambanyi, Mamadouba Bangoura a rassuré les femmes en les exhortant à dénoncer tout individu qui foulera au pied les décisions des autorités communales. Mme Jacqueline Sultan a indiqué que l’urbanisation se fait de manière galopante et envahit les périmètres maraichers d’origine.  Pour elle: ‘‘Il s’agit de  venir prêter main forte à ces femmes qui courbent l’échine depuis très longtemps et qui produisent tout ce qui rentre quotidiennement dans l’alimentation des ménages urbains et qui participent à leur manière à la sécurité alimentaire des villes dans lesquelles ces périmètres aménagés se trouvent. Ces femmes participent à la réduction de la pauvreté dans leurs foyers.  Ce maraichage comme vous le voyez est pratiqué principalement par les femmes qui sont encore dans la ruralité, malgré qu’elles soient dans les villes.  Il est important qu’on en prenne conscience parce qu’il est important dans l’approvisionnement des marchés de proximité. Ce sont ces légumes qui entrent dans le quotidien des ménages.’’ Ces femmes ont aussi bénéficié d’outils de travail et de semences.

Troisième étape : Sonfonia

Au site agricole de Sonfonia, une forte mobilisation des femmes agrémente l’ambiance. Ici les groupements maraichers sont au nombre de 21. Le président de la délégation spéciale de  la Commune de Ratoma, M. Batouta a indiqué que: ‘‘pour la réussite  de ce projet d’intérêt général, les bénéficiaires sollicitent la réalisation des ouvrages de retenue et d’évacuation d’eau pour la pratique de la culture maraîchère en toute saison.’’

Le directeur national de l’Agriculture, Mohamed Lamine Touré, a quant à lui rappelé que la production maraichère est la principale activité et source de revenue dans les zones urbaine et périurbaine. Et de préciser : ‘‘Dans la ville de Conakry 1458 producteurs pratiquent le maraichage dans les 5 communes sur 17 sites de productions pour une superficie estimée à 49 ha.  Ce site de Sonfonia couvre une superficie de 14 ha et il est le plus important. 515 producteurs organisée en 21 groupements, évoluent ici.’’

Jacqueline Sultan (au centre), lors du lanceent de la campagne

Mme Jacqueline Sultan, prenant la parole pour lancer cette campagne agricole maraichère 2014-2015 a rappelé que depuis l’élection du président de la République, le secteur agricole, en particulier celui de la riziculture a connu des investissements conséquents, avec des résultats encourageants. Et d’ajouter : ‘‘Aujourd’hui, le gouvernement est fier d’affirmer que la sécurité alimentaire est à portée de main. Pour preuve, la période de soudure  où on a l’habitude de souffrir a pratiquement disparu dans notre pays. Ce sont des milliards de nos
francs qui ont été investis ces trois dernières années pour atteindre de tels résultats. Au regard de ces résultats  obtenus dans la production rizicole, le gouvernement a jugé opportun qu’il faudrait désormais investir conséquemment dans le secteur maraicher en vue d’une diversification alimentaire qualifiée. Cette nouvelle action d’appui gouvernementale permettra surement d’approvisionner les marchés en légumes frais qui permettra d’améliorer les revenus des productrices et producteurs qui  s’investissent par milliers dans ce domaine. Le gouvernement est fermement résolu à accompagner ces milliers de femmes et d’hommes qui pratiquent le maraichage aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays.’’

Et d’annoncer en signe de conclusion : ‘‘Le président de la République a mis à la disposition des acteurs de ce secteur des moyens importants qui vont servir à l’achat d’intrants  spécifiques ; de petits outillages agricoles en faveur des producteurs que vous êtes et cela sur l’ensemble du territoire national.’’

El Hadj Mohamed Koula Diallo

Laisser un commentaire