Jim Yong Kim, Président de la Banque Mondiale – Déclaration à la presse, suite à une rencontre bilatérale sur Ebola avec Alpha Condé, Président de la République de Guinée – Siège des Nations Unies, New York, 24 septembre 2014.

‘‘Je vous parle en qualité de Président de la Banque Mondiale et aussi de personne engagée, depuis plus de 25 ans, dans le traitement des infections et des épidémies qui affectent les pays en développement.

Ce dont nous avons besoin en Guinée, au Sierra Leone et au Libéria, c’est une réponse à la hauteur des défis et des enjeux. Concrètement, cela veut dire que nous devons renforcer la prévention et être capable de soigner les malades dans chaque village, dans chaque région des pays qui font face à l’épidémie.

Nous avons des équipes d’experts qui ont mis en place et testé ces dernières années des systèmes très robustes, complexes, sophistiqués, et surtout qui ont démontré leur efficacité, pour lutter contre la tuberculose, le sida ou encore la malaria. Il y a des mécanismes et des protocoles à mettre en place en Guinée, au Sierra Leone et au Libéria.

Ce ne sera pas facile, ce sera même très, très difficile. Mais la Banque mondiale est totalement engagée à faire ce qu’il faut et à trouver les fonds nécessaires pour mettre ce dispositif en place.

L’enjeu, c’est la vie d’enfants, de femmes et d’hommes. C’est ce qui compte le plus. C’est aussi la survie et la viabilité des économies des trois pays touchés qui est en jeu.

Si on ne répond pas maintenant à cette crise sans précédent, si on ne met pas en place immédiatement un système qui soit en adéquation réelle avec les enjeux, nous prenons le risque qu’Ebola se répande en Afrique, que les conséquences économiques atteignent plusieurs milliards de dollars et, par dessus tout, que plus d’un million de personnes perdent la vie, selon les dernières projections du Center for Disease Control (CDC) aux Etats-Unis.

J’ai dit au Président Condé que je suis personnellement engagé pour continuer ce combat, et trouver toutes les ressources nécessaires pour mettre en place le système de traitement et de prévention nécessaires et de qualité.

Nous avons besoin de soins de qualité pour les maladies qui affectent ces populations. Nous avons besoin que les Guinéens sachent qu’ils peuvent se rendre dans ces centres pour se faire soigner que ce soit pour Ebola ou d’autres maladies comme la malaria. Leur chance de survie sera renforcée s’ils se rendent dans ces centres.

La lutte contre Ebola est un des plus difficiles combats sanitaires mondiaux que nous n’ayons jamais eu à mener, mais il n’y a pas d’autre choix possible. Nous devons le faire, c’est tout.

J’ai dit au Président Condé que la Banque mondiale et moi-même, nous nous tiendrons à ses côtés, jusqu’au bout, jusqu’à mener et remporter ce combat.

Par ailleurs, nous pensons que le Président Condé est un porte-parole très engagé et efficace pour la région et pour les populations frappés par Ebola. C’est pourquoi nous l’avons invité à participer à la réunion spéciale sur Ebola que la Banque Mondiale et le FMI tiendront le 9 octobre 2014’’.

Propos recueillis par CG