Après l’élection du bureau et la mise en place des 12 commissions, le Président de l’Assemblée, M. Kory Koundiano a tenu un discours dont voici les grandes lignes.

« La constitution du bureau et les commissions marque le retour de notre pays  à un ordre constitutionnel normal et c’est une claire indication de la volonté politique affichée par le gouvernement pour la restauration de la démocratie ambitionnée par le peuple de Guinée et pour lequel il se bat depuis toujours.

C’est en ce moment précis que j’ai été choisi parmi tant de fils et de filles de valeur du pays pour assumer la présidence de la deuxième institution de la République. C’est à la fois avec beaucoup d’émotion et de joie immense que j’accepte la confiance que vous avez bien voulu placer en moi.

A mes camarades et militants de notre parti, je peux vous dire ma fierté pour ce que nous avons fait ensemble dans l’optique des grands principes qui sont à la base de sa création et qui régissent son fonctionnement.

Quant à nos alliés, qu’ils sachent que je suis très fier de ce que nous avons fait ensemble pour féconder notre démocratie, entretenir et afficher le dialogue et la tolérance entre Guinéens pour préserver l’essentiel, c’est-à-dire l’unité nationale. L’on ne saurait imaginer une Assemblée nationale pluraliste, encore moins une démocratie sans une opposition qui exerce la plénitude de son rôle. En effet, comme vous le savez, j’ai été pendant plus deux décennies  militants et l’un des responsables du RPG, principal parti d’opposition. Alors, je connais la difficulté liée au statut d’opposant. C’est pourquoi, je tiens à saluer la présence parmi nous de nos collègues députés de l’opposition qui ont accepté de siéger avec nous.

J’invite tous à faire passer l’intérêt supérieur de notre pays, avant les considérations d’ordre personnel et partisan. Parce que, c’est cela et cela seulement qui nous permettra de tirer notre pays  vers le développement économique et social et permettre la croissance durable de son économie.

A l’adresse des membres du futur gouvernement, j’exprime par anticipation toute ma gratitude pour les échanges fort enrichissants que nous allons avoir sur les grands dossiers. Grand merci pour la communauté internationale pour son implication dans la gestion de la transition et surtout son appui à l’organisation des élections législatives.

En ce moment précis de notre histoire, ma pensée va à tous les délégués de nos compagnons de lutte qui ont combattu une grande partie de leur vie pour l’instauration d’une démocratie dans notre pays.

Ma pensée va également à feu Bah Mamadou et  feu Siradiou Diallo qui avec le Pr Alpha Condé ont contribué à l’instauration de la première assemblée multipartite de la Guinée indépendante.

Nous ne pourrions envisager notre avenir sans reconnaitre à leur juste mesure les efforts accomplis par nos prédécesseurs. Je remercie vivement le Conseil National de la Transition qui a assumé pleinement toutes les fonctions législatives depuis le 16 mars 2010. S’agissant du bilan, on s’aperçoit que pour l’essentiel la Guinée avance en matière de démocratie en dépit de certaines difficultés que l’on rencontre et des maux qui la menacent.

Je souhaite que les débats politiques de cette assemblée et partout ailleurs dans notre pays soient exclusivement constructifs. Cela peut être possible si l’on écarte tout ce qui peut diviser notre nation et donner la priorité à ceux qui pourraient nous rassembler. J’entends conduire les travaux de cette assemblée avec sérénité, objectivité, ouverture d’esprit, sincérité pour susciter l’instauration dans l’hémicycle d’un environnement propice au débat de cette nature. Le mandat parlementaire est une fonction politique. Durant ce mandat, les députés sont donc soumis à des incompatibilités et bénéficient d’une indépendance et la liberté d’expression nécessaire à l’exercice de leur mandat.

Les députés ont le devoir de respecter l’intérêt général, les principes d’indépendance, l’objectivité, la responsabilité, la probité  dans l’hémicycle.

Aujourd’hui plus que jamais, nous devons être le garant de la vitalité de notre jeune démocratie et du devenir de notre pays.

Je tends ma main fraternelle aux députés de toutes tendances confondues pour une collaboration franche et sincère afin de mener à bien la mission qui nous a été confiée par le peuple. Ceci, sans adopter des comportements de certains dirigeants de notre pays qui ont passé leur temps à se servir au lieu de servir”.

El Hadj Mohamed Diallo

 

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