Face à une situation désespérante, un groupe de femmes a décidé de prendre en mains leur propre destin, après la mort de leurs maris respectifs. Au total, elles sont sept femmes mareyeuses exerçant une activité commerciale à Dixinn, où elles s’approvisionnent en cartons de poisson, qu’elles revendent sur le marché de Matoto. Et seule cette activité leur permet de subvenir aux besoins fondamentaux de leurs enfants ainsi qu’à leurs propres problèmes. « Nous ne savons pas faire autre chose », selon elles. Ces femmes sortent de chez elles à l’aube, pendant que les autres dorment sur leur oreiller. Presque toutes quarantenaires, ces veuves ont chacune en moyenne cinq enfants qu’elles prennent en charge, en ne comptant sur aucune aide extérieure. Ainsi, certaines d’entre elles payent aussi les frais de loyer de leur logement.

Assister financièrement les enfants, afin qu’ils poursuivent leur formation

Salématou Sylla, mère de cinq enfants dont une fille, affirme : « Bien avant la mort de mon mari, mes enfants fréquentaient les écoles privées. Donc, je suis contrainte de les soutenir afin qu’ils continuent leur formation. Puisque leur éducation dépend de ce que je fais comme activité, je fais tout pour ne pas qu’ils aient des petits problèmes pendant leur scolarité. Et vous savez que les directeurs des écoles privées n’ont pas d’états d’âme. Dès le 5 du mois, ils mettent les enfants à la porte, si la scolarité n’a pas été payée. Et cela peut perturber leur formation. ».

Assurer le prix de la popote aux quotidiens.

Maimouna Keita, âgée de 45 ans, la plus ancienne, explique : « C’est à cause des enfants que je sors de chez moi à l’aube. Car il faut qu’ils mangent à leur faim. Sinon, ils deviendront incontrôlables. Alors, pour éviter qu’ils soient à la portée des gens, j’ai accepté de faire ce petit commerce. Surtout les filles qui sont vraiment difficiles à gérer. Si elles ne sont pas suivies, elles risquent de faire du n’importe quoi sans que vous ne le sachiez. Et c’est çà que nous évitons dans la plupart des cas. Parce que les enfants n’ont pas la possibilité de pouvoir se prendre en charge, présentement.

Assurer les frais du loyer représente un véritable casse-tête pour certaines

Mariam Bangoura, quant à elle, déclare : « Dès fois, je suis inquiète qu’on ne se retrouve dehors. Car notre logeur menace chaque fois d’augmenter les frais du loyer. Avec tous ces enfants, je ne peux pas me retourner chez mon papa pour y vivre. Et mon mari aussi n’a pas laissé un toit où peut-on se refugier. Donc, je suis obligée, à moi toute seule, de grouiller pour payer le loyer chaque fin de mois. Je n’ai pas quelqu’un d’autre sur qui compter pour pouvoir faire face à toutes mes charges ».

Ismaël Sylla pour Guinee7.com

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