Après le référendum et les élections législatives du 22 mars 2020 en Guinée, le Gouvernement français a publié un communiqué qui dit : « Le caractère non inclusif de ces élections et non inclusif du fichier électoral, ainsi que le rôle joué par des éléments des forces de sécurité et de défense, excédant  la simple sécurisation du processus, n’ont pas permis la tenue d’élections crédibles et dont le résultat puisse être consensuel. La France relève aussi l’absence d’observations  régionale et internationale à l’occasion du double vote. »

Sans se prononcer sur le fond de ce qui se passe en Guinée, il y a lieu de se poser des questions sur cette réaction rapide de la France alors que les résultats des élections ne sont pas encore connus. En avril 2019, des élections exclusives ont été organisées au Bénin par le pouvoir de Talon. Face au rejet total de cette mascarade par les populations, ces élections n’ont connu qu’à peine 4% de participation. Devant cette situation, le pouvoir a proclamé les résultats qu’il voulait. Quand le peuple s’est soulevé, le pouvoir de Talon a fait tirer sur la foule, faisant plusieurs morts et blessés. Jusqu’ici le Gouvernement français n’a jamais pris position sur ces élections et ces tueries.

Tout le monde a suivi les dernières élections au Togo avec le renvoi des observateurs nationaux et internationaux, les résultats contestés et tout ce qui s’en suit. La France a déclaré qu’elle prend acte des résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle aux ordres du pouvoir togolais. En plus de cela,  l’Ambassadeur de France au Togo vient de faire interdire des journaux qui critiquaient son rôle pendant ces élections.

En juxtaposant tous ces comportements, on constate qu’il y a deux poids et deux mesures concernant l’attitude de la France vis-à-vis des gouvernements africains. D’un côté la complaisance et de l’autre, le dénigrement.

Quand un pouvoir est soumis à la volonté de la  France, il est démocratique. Si un autre manifeste des velléités de souveraineté, il n’est pas démocratique et doit être voué aux gémonies.

En réalité, la France, impérialiste et rancunière, continue à faire payer au peuple guinéen, son « NON » historique de 1958. Elle ne pardonne pas à ce peuple, son esprit d’indépendance et son refus de retourner dans le pré carré français.

Il n’est pas exclu comme on l’a vu du temps de Sékou Touré, que la France fomente des complots pour renverser le pouvoir en place. Voilà pourquoi :

La Convention Patriotique des Forces de Gauche dénonce ces pressions inadmissibles de l’impérialisme français sur le pouvoir en Guinée.

Cotonou le 27 mars 2020

*La Convention Patriotique des Forces de Gauche*

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1 COMMENTAIRE

  1. Que la France s’en mêle, ok je ne suis pas pour…mais le président guinéen est un dictateur et doit dégager.

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