Il y a un peu plus de trois ans, le gouvernement guinéen, à travers le ministère de la Jeunesse, avait bénéficié d’un financement d’un de ses partenaires en l’occurrence, l’UNFPAE (Fond mondial pour la population). Après l’obtention de ce financement, le ministère de la Jeunesse a décidé d’implanter des cafétérias dans plusieurs préfectures du pays. C’est dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet que la préfecture de Labé avait bénéficié d’une enveloppe financière dans l’ordre de 64 millions de francs guinéens.

La construction de cette cafétéria avait pour objectif, outre le fait de servir de lieux de rencontres où des questions juvéniles devraient être débattues,  créer de l’emploi et être une AGR (Activité  Génératrice de Revenus). Près de quatre ans après sa construction, le lieu est complètement délabré, il sert d’abreuvoir  pour les animaux et de lieu d’abris pour les fous et les malfrats pendant la nuit. Aucun équipement n’est visible sur place, même pas la moindre chaise. Aux dires du DPJ (Directeur Préfectoral de la Jeunesse), le matériel, à savoir les chaises, le congélateur, l’écran téléviseur et ses accessoires est gardé pour éviter qu’il ne soit volé. Un argument balayé par bon nombre d’observateurs qui accusent le DPJ d’utiliser le matériel à son domicile, pour des fins personnelles donc.

Une source qui faisait partie d’une des équipes de gestion, puisqu’il y en a eu plusieurs, rassure que sur la centaine de chaises qui était disponible, il ne reste plus qu’une dizaine.  « Si le DPJ vous dit qu’il garde les chaises ne croyez pas. Il faut faire la différence entre garder et utiliser. Le peu de chaises qui y restait, c’est le DPJ qui les utilise, il ne les garde pas. C’est pareil pour le congélateur, l’écran téléviseur et ses accessoires. Cette cafeteria n’a jamais bien fonctionné par la faute du DPJ qui n’avait qu’un esprit mercantiliste de la chose ».

Piqûres de rappel, la construction de cette cafétéria avait fait les choux gras de la presse locale, qui estimait, que la valeur monétaire de l’espace réaménagé, puisqu’il ne s’agit pas d’une construction en tant que telle et le matériel qui y existait, ne reflétait pas le montant de 64 millions annoncés par le partenaire à savoir l’UNFPAE. Après la mise à disposition de l’espace, plusieurs structures de la jeunesse s’étaient soulevées pour exprimer leur désaccord. A l’époque, ces structures parlaient de détournement et le principal accusé est Thierno Aliou Barry, le DPJ. Le Gouverneur de la région d’alors avait pu mettre le dossier dans les tiroirs sans trouver une solution définitive comme il avait d’ailleurs l’habitude de le faire. 

Le problème de gestion de l’espace, refait surface avec le retour d’Elhadj Safioulahi Bah à la tête de la préfecture. Cette fois encore, les jeunes ne décolèrent toujours pas, vu l’état des lieux ; ils exigent des comptes. Récemment dans une rencontre avec le préfet, les jeunes et le DPJ, la question a été encore soulevée et le préfet avait instruit le DPJ de fournir un rapport de gestion. Mais depuis, c’est silence radio.

Sam Samoura pour Guinee7.com