Créée pour doper l’investissement privé en Guinée, l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP) peut, à mon humble avis, mieux faire pour « développer l’entreprenariat domestique à travers des appuis aux jeunes, aux femmes et aux guinéens du monde ». Pour cause, les formes juridiques à la disposition des créateurs d’entreprises en Guinée (entreprise individuelle, GIE, SARL, SA) sont soit trop risquées (responsabilité illimitée de l’entrepreneur individuel, responsabilité solidaire des dettes du GIE, etc.), soit contraignantes en termes de formalisme de constitution et de fonctionnement pour la SARL et la SA. A cela s’ajoutent les frais de constitution et de fonctionnement non négligeables pour ces deux dernières.

Cela dit, pour libérer les velléités créatrices des entrepreneurs, surtout des jeunes, je propose qu’il soit ajouté aux formes juridiques d’entreprises susmentionnées, le statut d’autoentrepreneur qui est incontestablement le chainon manquant, à ce jour, pour créer des milliers d’emplois en Guinée tout en formalisant le secteur informel. Avec ce statut, créer son entreprise sera un jeu d’enfant, sans tracasserie !

En effet, le statut d’autoentrepreneur (renommé micro entrepreneur en France) offrira, s’il est mis en place en Guinée, un statut juridique beaucoup plus simple que celui du GIE ou de l’entreprise individuelle qui, paradoxalement, est l’unique forme juridique possible en Guinée pour les créateurs d’entreprises qui ne souhaitent pas s’associer. Ce faisant, ce statut que je suggère vivement à notre APIP nationale est un moyen assez simple de :

– créer son entreprise (ou de sortir de l’informel, pour les nombreuses personnes qui exercent déjà dans le secteur informel),

– ou tout simplement de tester son activité avant de créer une société.

Le Maroc et d’autres ont mis en place ce statut. Le succès est phénoménal. Pourquoi pas chez nous ?

Au passage, dans la mesure où la SARL figure parmi les quatre formes juridiques disponibles en Guinée, il s’avère judicieux de rendre très rapidement disponible son versant unipersonnel. Ce qui aura pour effet de libérer les velléités de créations de sociétés unipersonnelles. Dans le cas contraire, ce serait une grave erreur, disons une grave anomalie, que ne mérite pas le paysage entrepreneurial guinéen.

Ibrahima BAH, docteur en Sciences Économiques de l’Université de Montpellier I – auteur de manuels scolaires et professionnels en Économie, en Droit du travail et en Mercatique (éditions OPHRYS, Paris). Fondateur du mouvement « Respect des Deniers Publics et du Citoyen » – RDPC

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