L’épidémie de pneumonie virale s’est accélérée hier à travers le globe, l’OMS évoquant un risque de « pandémie ». La Corée du Sud et l’Iran sont en première ligne, avec le plus grand nombre de cas de contamination et de décès en dehors de la Chine. En Europe, l’Italie compte désormais sept régions touchées, dont la Toscane et la Sicile, tandis que la Croatie et l’Autriche font face à leurs premiers cas avérés.

Nous vous proposons ici un texte de nos confrères de Conakryinfos.com sur cette épidémie qui gagne du terrain à travers le monde:

L’épidémie de maladie à coronavirus constitue de nos jours une préoccupation mondiale. Plusieurs pays sont en train de prendre des mesures pour prévenir la propagation de cette maladie dans leur pays. Ces mesures se matérialisent par la fermeture des frontières, la suspension des vols envers les pays touchés par le coronavirus et l’arrêt de tout contact avec les citoyens venant aussi de ces pays.

La fermeture des aéroports à cause de l’épidémie du nouveau coronavirus a entraîné une « réduction potentielle de 4 à 5 milliards de dollars » de revenus pour les compagnies aériennes du monde entier, a récemment annoncé l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). L’organisation onusienne a rapporté que « 70 compagnies aériennes ont annulé tous les vols internationaux à destination et en provenance de Chine » et « 50 autres compagnies aériennes ont réduit leurs activités aériennes ».

En conséquence, cela a entraîné une réduction de 80% de la capacité aérienne étrangère pour les voyageurs à destination et en provenance de Chine et une réduction de 40% de la capacité aérienne des compagnies aériennes chinoises.

Les Bourses mondiales cédaient à la panique ce lundi, 24 février face à l’accélération de la propagation de l’épidémie de coronavirus au-delà de la Chine, et qui fait de plus en plus pression sur l’activité et la croissance économiques.

Les places de Paris, Francfort, Londres, Madrid et Zurich chutaient de plus de 3%. Celle de Milan s’effondrait de plus de 4%. L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro abandonnait 3,6%. En Asie, les Bourses chinoises ont terminé la séance de lundi en ordre dispersé, Hong Kong et Shanghai finissant dans le rouge tandis que la Bourse de Shenzhen a clôturé très légèrement dans le vert.

Alors que les actions plongeaient, au premier chef celles des secteurs exposés à la Chine (matières premières, automobile, tourisme et luxe), les investisseurs se repliaient vers les valeurs refuge, à savoir les obligations d’Etat et l’or. “C’est une nouvelle donne pour les marchés financiers”, selon Tangi Le Liboux, chez le courtier Aurel BGC. “L’épidémie de coronavirus se propage en dehors de Chine, dans des pays comme la Corée du Sud, l’Italie ou l’Iran, ce qui pourrait causer d’énormes perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales si les mesures de confinement sont de plus en plus nombreuses”, explique-t-il.

Pékin a reconnu que le nouveau coronavirus constituait sa “plus grande urgence sanitaire” depuis 1949. La ville de Wuhan (centre), où est apparu le nouveau coronavirus en décembre, a renoncé lundi à alléger les mesures de quarantaine en place depuis un mois, revenant sur une annonce faite quelques heures plus tôt. “Maintenant que les foyers d’infection se multiplient en dehors du pays, une pandémie mondiale est à redouter avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur la production mondiale de biens et services”, souligne M. Le Liboux.

Coronavirus : l’épidémie accélère hors de Chine, sa vitesse inquiète l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète de la vitesse à laquelle le virus se propage dans le monde. « Nous avons vu une augmentation très rapide [des cas] en quelques jours », constate Sylvie Briand, directrice du département Préparation mondiale aux risques infectieux à l’OMS.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne cache plus son inquiétude. « Ce virus est très dangereux. C’est l’ennemi public numéro un et il n’est pas traité comme tel, s’est alarmé, vendredi, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général. Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie. » Mais la « fenêtre de tir se rétrécit », a-t-il averti. L’OMS s’inquiète notamment de l’apparition de cas en dehors de Chine « sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage et les contacts avec un cas confirmé ».

Face à cette situation Tedros Adhanom Ghebreyesus a déclaré que “la principale raison de cette annonce n’est pas uniquement liée à ce qui se passe en Chine, mais à cause de ce qui se passe dans d’autres pays”. ?vant d’ajouter que “la propagation de ce virus, dans les pays aux systèmes de santé médiocres, est notre plus grande préoccupation, car ces pays sont peu disposés à y faire face”.

Les Etats-Unis, qui ont, dès le 2 février, fermé leurs frontières à toute personne venant de Chine, s’inquiètent, après le rapatriement de 300 Américains qui se trouvaient à bord du navire de croisière Diamond-Princess. « Le jour pourrait venir où nous pourrions avoir besoin de mettre en place les mêmes mesures qu’en Asie », a prévenu, vendredi 21 février, Nancy Messonnier, une des directrices du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies, une agence fédérale américaine, en référence aux divers types de confinement mis en place notamment en Chine et en Corée du Sud.

L’épidémie touche désormais plus de 79 720 personnes dans le monde dont plus de 2 370 hors de Chine. Plus de trente pays, sans compter la Chine, sont concernés. L’épidémie a déjà été mortelle au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, Hongkong, Singapour, aux Philippines, mais aussi hors d’Asie, en Iran, en France et en Italie où elle a fait, depuis vendredi, quatre premières victimes européennes.

Coronavirus : Quarantaine, frontières fermées, des mesures drastiques prises à travers le monde

Pour illustrer la vitesse de la propagation du coronavirus prenons quelques statistiques de certains pays en une semaine.

En Corée du Sud après 833 cas confirmés dont 8 morts les populations ont fait une pétition demandant à leurs autorités de suspendre tous les vols en direction de la Chine et de procéder à la fermeture de la secte de l’Eglise de Shincheonji de Jésus de la ville de Daegu là où le premier malade de coronavirus a été enregistré.

L’Italie a annoncé samedi 22 février la mise en isolement pour environ deux semaines d’une dizaine de villes du nord, après la découverte de plus de 215 cas de contamination au nouveau coronavirus. Le virus a déjà fait 4 morts, en Lombardie et en Vénétie, poussant le gouvernement italien à mettre 11 villes, soit 52 000 personnes, en quarantaine. Le carnaval de Venise annulé ainsi que la semaine de la mode à Milan. « Dans les zones considérées comme des foyers [de l’épidémie de coronavirus], ni l’entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière », a déclaré le président du Conseil Giuseppe Conte, annonçant aussi la fermeture des entreprises et des écoles ainsi que l’annulation des événements publics. Ainsi, quelques matchs de football de Serie A vont être reportés.

La France est aussi inquiète à cause de la recrudescence de cas en raison de sa proximité avec les régions touchées en Italie. Le département des Alpes-Maritimes frontalier de l’Italie enregistre des flux quotidiens de dizaines de milliers de personnes avec l’Italie. Pourtant, le coronavirus crée une terrible psychose, le commissariat du 13e arrondissement de Paris a été momentanément confiné ce lundi matin en raison d’une suspicion de contamination au coronavirus trois touristes chinois sont venus y déposer plainte pour vol. L’un d’eux a alors commencé à se sentir mal. Le Samu a donc été appelé pour s’assurer que l’homme n’était pas infecté par le coronavirus.

En Ukraine des passagers venant de la Chine ont été accueillis par une émeute des populations qui ne voulaient pas les recevoir sur le sol ukrainien il a fallu l’intervention des forces de sécurités.

A l’île- Maurice des passagers venant du nord de l’Italie ont été empêché de sortir et confiné dans l’avion.  En Guinée, récemment le cas du corps de l’indonésien déposé à l’Hôpital de l’ANAIM a suscité une psychose chez les Guinéens avant la clarification apportée par Dr Sakoba. Une situation que nous comprenons car le Guinéen garde toujours en tête le passage de la maladie à virus Ebola qui a endeuillée plusieurs familles.

Ne connaissant pas l’origine et le mode de transmission de cette maladie, des pays comme Singapour, la Malaisie, les Philippines, la Papouasie-Nouvelle Guinée, les Iles Mariannes du Nord, Taïwan et le Viêt Nam ont suspendu provisoirement l’arrivée d’étrangers en provenance de Chine ou de la province du Hubei. La Russie, le Kazakhstan et la Mongolie ont fermé leurs frontières avec la Chine.

D’autres pays ont mis en place des mesures de confinement, c’est le cas de la France, Japon, Iran, Italie, Israël, l’Amérique et Corée du sud.  Séoul et l’Arabie-saoudite ont également interdit tous les vols envers la Chine. Actuellement la Corée du Sud enregistre une hausse consécutive et inquiétante des cas de contamination. C’est le deuxième pays le plus touché après la Chine. C’est pourquoi les autorités de ce pays ont rehaussé au plus haut son niveau d’alerte.

Le Pakistan a fermé sa frontière avec l’Iran, fortement touché également par l’épidémie. Côté turc, décision a également été prise de fermer « temporairement » sa frontière avec l’Iran. Tout comme l’Arménie, « pour deux semaines ». En Jordanie, le gouvernement a décidé d’interdire l’entrée de son territoire à toute personne venant de Chine, d’Iran et de Corée du Sud, sauf à ses propres ressortissants.

Coronavirus : l’OMS appelle les pays africains à prendre des mesures de contrôle « drastiques »

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a alerté samedi, 22 février sur la vulnérabilité des systèmes de santé sur le continent, mal équipés pour affronter l’épidémie en cas de contaminations.  Au cours d’une réunion des ministres de la Santé des pays de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé les pays de l’UA à « faire front commun pour être plus agressifs » dans la lutte contre le nouveau coronavirus Covid-19. « Notre principale (source de) préoccupation continue d’être le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a déclaré le chef de l’OMS dans une liaison vidéo depuis Genève.

En Afrique face à la propagation rapide de cette maladie mortelle tous les pays disent avoir pris des dispositions dans les aéroports et autres lieux sensibles.  Mais d’autres pays Africains comme la RDC, l’Egypte, le Gabon le Kenya, le Mozambique, le Cameroun, le Madagascar et le Congo ont même suspendu tous les vols en provenance de la Chine.  Dans cette liste aucun pays de l’Afrique de l’Ouest ne figure. Cependant l’Afrique avec son système sanitaire différent de celui des pays développés en termes de diagnostic rapide des épidémies doit être au-devant de la scène pour parer au plus pressé.

Actuellement la panique est générale et tous les scientifiques s’accordent à dire que pour trouver un vaccin contre le coronavirus il faut quelques mois voir plus d’un an, c’est pourquoi tous les pays doivent être en alerte maximale. C’est-à-dire prendre les dispositions à temps et ne pas attendre qu’un seul cas de coronavirus soit confirmé dans un pays. La propagation est très rapide et la prise en charge des malades devient très compliquée sur tout pour les pays africains. Cette vigilance ne doit pas concernée que des passagers en provenance de la Chine, elle doit concerner tous les autres pays touchés par l’épidémie de maladie à coronavirus.

En Guinée, le Ministre de la Santé dès les premières heures de l’apparition de cette maladie a rassuré les Guinéens des dispositions prises par son département pour sauver les populations. Mais pour l’instant comme nous n’avons pas de frontière commune avec les pays touchés, nous devons faire comme la RDC, l’Egypte, le Gabon le Kenya, le Mozambique, le Cameroun, le Madagascar et le Congo. Empêcher la rentrée sur le territoire guinéen de tout citoyen en provenance des pays touchés comme la Chine, la Corée du Sud, l’Italie pour ne citer que ceux-là.

Aujourd’hui le coronavirus semble être plus grave, car son origine et son mode de contamination ne sont pas connus par les scientifiques du secteur sanitaire.  Donc l’heure est grave et il revient à chaque pays de prendre toutes les dispositions utiles et nécessaires pour écarter tous risques liés à la propagation de coronavirus.

D’après ce que nous voyons tous les jours le seul moyen est de suspendre les visas à l’intention de tout citoyen venant des pays et des zones touchés (Chine continentale, Corée du Sud, l’Italie et le Japon). Il faut également arrêter tout déplacement entrée et sortie des guinéens dans ces pays concernés. C’est la seule manière la plus sure de se protéger contre le coronavirus, une maladie sans remède pour le moment. Comme le disait l’autre évitons le « médecin après la mort ».

NB : Au moment où nous mettions ce papier en ligne les dernières informations sur la propagation du coronavirus sont tombées. Le directeur de l’OMS a déclaré lundi, le coronavirus a « un potentiel de pandémie, mais n’a pas encore atteint cette étape pour laquelle il faut se préparer ». Le Koweït et le royaume de Bahreïn ont par ailleurs annoncé lundi les premiers cas de personnes infectées, en précisant qu’elles revenaient de l’Iran voisin. L’Arménie, la Turquie, la Jordanie, le Pakistan, l’Irak et l’Afghanistan ont quant à eux fermé leur frontière ou restreint les échanges avec l’Iran. Au moins 200 personnes ont été mises en quarantaine au Pakistan voisin.

Source: Conakryinfos

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