Le Leader de l’opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo entame une campagne internationale pour demander une implication de la communauté internationale dans le processus électoral guinéen. Dans un entretien à l’AFP lors d’une visite à Washington, le Président de l’UFDG a affirmé que le Président Alpha Condé avait l’intention de monter une « mascarade électorale ». Parce qu’il refuserait l’implication de la communauté internationale dans l’organisation des futures élections présidentielles. Nous avons joint le porte-parole du Gouvernement, M. Albert Damantang Camara, pour réagir aux propos du principal leader de l’opposition guinéenne. Interview.

Guinee7.com : Monsieur le ministre que répond le gouvernement guinéen à M. Cellou Dalein Diallo qui accuse le pouvoir de vouloir organiser une mascarade électorale ?

Albert Damantang Camara : Ceci est maintenant récurrent et n’est pas propre à la Guinée que de vouloir systématiquement mettre en doute la sincérité des élections passées ou futures. Ces accusations ne peuvent pas résister à la réalité des faits. Récapitulons : Le processus électoral guinéen est organisé par la CENI, organe indépendant dans lequel toutes les tendances politiques sont équitablement représentées. A date, sur les dix représentant choisis librement par l’opposition, aucun n’a eu à émettre de critiques sur les préparatifs des futures élections.

La révision et la correction du fichier électoral se sont déroulées sous la supervision de deux experts internationaux. L’opérateur a été choisi à la suite d’un appel d’offre international ouvert et transparent. Celui qui a été sélectionné est le numéro un mondial.

Cependant, le leader de l’UFDG vous accuse de ne pas ouvrir le dialogue pour l’organisation de ces élections…

Premièrement, nous sommes ouverts au dialogue. La dernière invitation du ministre de la Justice adressée à l’opposition et l’invitant à reprendre les discussions en est la preuve.

Deuxièmement, ce n’est pas parce que nous acceptons de dialoguer avec l’opposition dans un cadre spécial qu’il faut oublier que les espaces institutionnels de dialogue sont, entre autre, l’Assemblée Nationale et, particulièrement pour ce qui concerne les élections, la CENI. A quoi cela sert d’avoir des institutions de ce genre si c’est pour les contourner et créer des structures alternatives de prise de décisions ? Je le répète : l’opposition s’est battue pour changer ses représentants à la CENI. Elle a obtenu gain de cause. Ses dix commissaires à la CENI, associés aux dix autres commissaires de la mouvance présidentielle, participent à toutes les prises de décisions et à tous les travaux. Je ne vois donc pas comment elle peut prétendre qu’elle n’est pas associée au processus électoral.

Ce qui semble le plus inquiéter l’opposition c’est le refus du Président de la République de solliciter l’appui de la communauté internationale pour le financement des élections…

C’est encore une manière de distraire l’opinion des vrais enjeux. Le Président n’a fait que rappeler un principe élémentaire : un état qui souhaite un minimum de respectabilité doit être capable de financer l’un des événements les plus fondateurs de son indépendance : l’élection de ses représentants politiques. Voilà pour le principe. D’un autre côté, c’est le même Président qui a souhaité la présence d’observateurs internationaux pour contrôler la sincérité du scrutin. Ou est donc la volonté de frauder ?

De toute manière, le Président a clairement dit qu’il ferait appel à la communauté internationale pour des appuis précis sur certains points relatifs aux élections. Le Ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances a d’ailleurs informé les députés que notre budget ne permettait pas un financement intégral du processus électoral. Nous auront donc forcément besoin d’un appui.

Selon nos informations, l’administratrice du PNUD, Madame Helen Clark devrait se rendre en Guinée bientôt, est-ce pour discuter de l’appui aux élections ?

Le PNUD accompagne la Guinée dans divers secteurs, dont les élections. Il est évident que la Guinée envisagera toute forme d’appui utile à la bonne organisation des élections, qu’il soit technique ou financier.

De toute manière, le Président de la République s’est déjà rapproché de certains partenaires traditionnels, dont l’Union européenne, pour leur expliquer qu’il n’était pas contre une aide extérieure et qu’il les ferait appel en fonction des besoins de la CENI. Il me semble que cela est suffisamment explicite.

Interview réalisée par Ibrahima S. Traoré

 

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