L’opposition dite républicaine était ce matin devant les médias à Conakry, dans la salle de conférence de la Maison de la presse. L’objectif était de se  prononcer sur  la situation socio-politique du pays  et dresser  le bilan de la gouvernance d’Alpha Condé.

Le porte-parole, Aboubacar Sylla, député sur la liste de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée,  a expliqué la ‘‘fraude généralisée dans laquelle les élections législatives se sont déroulées
le 28 septembre dernier’’. Il estime que  c’est au moment où l’opposition s’apprêtait à siéger à l’Assemblée  que le président de la République a ‘’prolongé la vie du Conseil National de la Transition (CNT) en  convoquant  un décret pour l’examen de la loi de finance 2014 par cette institution’’. Et
pourtant,  insiste-t-il : ‘‘il fallait laisser la nouvelle Assemblée qui est l’émanation légitime du peuple de s’installer  pour voter le budget du gouvernement. A cette allure, c’est comme si le gouvernement cache quelque chose à l’Assemblée qui représente  100%, le peuple. Le CNT s’est  noyé.’’

Par rapport au  bilan du Président de la République,  Aboubacar Sylla martèle : ‘‘Le 21 décembre 2010, quand Alpha Condé a été élu président de la République, le peuple nourrissait un espoir absolu. Contre toute attente, au lieu du changement qu’il nous a fait rêver,  nous vivons un changement à reculons.’’ Selon  lui, ‘‘tous les secteurs de développement ont régressé, les libertés politiques  et celles d’expressions sont violées, il y a eu une soixantaine de militants de l’opposition qui ont trouvé la mort sans enquêtes. Et d’autres sont devenus handicapés à vie suite à la répression sanglante que les forces de l’ordre leur ont fait subir’’. Sur le plan économique,  M. Sylla indique que les Guinéens n’ont jamais connu une situation difficile comme celle que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. Et de lancer : ‘‘On nous parle souvent de macroéconomie, de balance des paiements, aucun des chiffres qu’ils donnent ne reflète à la réalité. L’usine Fria est fermée, la Sotelgui, Nestlé, Grands Moulins… La gouvernance  Alpha  a détruit l’emploi en Guinée.’’
Pour ce qui est de la sécurité, Aboubacar Sylla estime qu’en Guinée, il y a une insécurité juridique et physique. Et il est convaincu qu’aucun investisseur ne déposera ses valises en Guinée : ‘‘Les
investisseurs ne vont pas se baser  seulement sur les déclarations du gouvernement. Mais celles de ceux qui ont déjà investi dans le pays. Et l’on sait que beaucoup ont quitté dans ces derniers temps. Ceux qui ont voulu venir ont tâté  le terrain, ils ont trouvé que ce n’est pas favorable’’.

Quant au forum d’Abu Dhabi, selon M. Sylla, les 5 milliards de dollars dont on parle étaient négociés depuis des années par d’autres. Pour ce qui est  du code minier mis en place par le gouvernement, le porte-parole de l’opposition dira qu’en trois ans, Alpha Condé a mis en place trois codes miniers : ‘‘Son premier code minier a fait trois mois, çà ne lui a rien apporté. Il voulait que les chinois viennent pour investir, il a mis en place un deuxième code minier qu’il a soumis au CNT, les chinois ne sont malheureusement pas venus. Finalement, il a mis en place un troisième code minier.’’

Et d’ajouter : ‘‘A l’Assemblée, nous allons revoir le code minier actuel, si ce n’est pas basé sur une coopération gagnant-gagnant, nous allons engager des démarches pour la mise en place d’un autre
profitable pour  la Guinée. A l’Assemblée, même dix députés peuvent déclencher un débat d’intérêt autour d’un sujet.’’
Jean Marie Doré, leader de l’Union pour le Progrès de la Guinée, prenant la parole, dira que pour le moment, Lansana Kouyaté du PEDN n’a pas encore exprimé son souhait de rejoindre le parlement mais, il reste optimiste : ‘‘Le moment venu, le PEDN pourra nous joindre mais pour le moment, il a pensé qu’il n’y a pas eu d’élections. Et chaque parti a l’autonomie de réflexion en fonction de ses intérêts.’’

Cellou Dalein Diallo, le Président de l’UFDG précisera que le perchoir de l’Assemblée intéresse  bel et bien l’opposition : ‘‘Il y a pour le moment deux candidatures de l’opposition : celle de jean Marie
Doré et de L’UFDG. Mais, nous allons nous concerter pour ne pas qu’on aille en rang dispersé. On finira par présenter un seul candidat’.’

El Hadj Mohamed Diallo

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