Une rencontre bilatérale des membres des comités de lutte contre la traite des personnes, entre la République de Guinée et la Sierra Leone a eu lieu ce lundi 27 juillet 2020, à Pamelap, à la frontière qui sépare les deux Etats. Ce cadre de concertation et de coordination du comité Guinéo-Sierra Léonais de lutte contre la traite des personnes a été organisé par l’Organisation Internationale pour l’Immigration (OIM-Guinée).

Ce projet intitulé : « Lutter contre la traite des personnes en République de Guinée grâce à une meilleure communication et assistance aux victimes de la traite », est financé par l’Ambassade du Royaume-Uni en Guinée.  Il sera exécuté au mois de septembre 2020. 

Mohamed Condetto Touré, chargé de projet national à OIM-Guinée, revient sur les motifs de cette rencontre bilatérale. « On a constaté un vide relationnel sur la question de traite sur l’axe Conakry-Freetown. Tout le monde sait comment ça se passait le trafic donc, on a jugé nécessaire de renforcer la coordination de cadres de concertation entre les deux pays, au niveau des gouvernements mais aussi au niveau de nos deux bureaux, pour qu’on puisse harmoniser les interventions sur la question », a expliqué M. Touré.

Quid des attentes ? « Nous attendons que les plans d’action soient partagés, soient compris. A ce que les bonnes pratiques de part et d’autre soient relevées, identifiées. A ce que, les uns et les autres s’inscrivent à leurs approches, à leurs interventions. Nous attendons qu’il y ait un plan de continuité, de renforcement de la collaboration entre les deux pays.»

De son côté, le Colonel Amara Sylla, chef de la cellule de communication et de règlementation à la direction générale de l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs (OPROGEM) et membre du comité national de lutte contre la traite des personnes en Guinée, a rappelé que : « depuis 2008, la Guinée a constaté que les enfants sont souvent recrutés en Sierra Leone et la Guinée est considérée comme un pays de transit pour ces trafiquants. La première cargaison a été interceptée à Kourémalé en 2008… En 2017, nos services aéroportuaires de Conakry ont constaté la présence des magbanas (minibus), lesquels étaient remplis d’enfants en provenance de la Sierra Leone. Ils ont été interceptés, les enfants ont été entendus après tout il a été ressorti qu’effectivement ces enfants-là ont été recrutés en Sierra Leone et qui devaient transiter par la Guinée pour aller dans les pays du Moyen-Orient », a déclaré l’officier de la police.

Le Coordonnateur national de l’équipe spéciale sur la traite des êtres humains au ministère des affaires sociales de la Sierra Léone, M. Dehunge Shiaka, a conduit la délégation léonaise à cette rencontre. « Avec le protocole de la libre circulation de la CEDEAO, nos populations circulent librement entre les deux pays. (…), notre déception est que les trafiquants sont en train de se saisir de cette opportunité sur nos populations qui souhaitent avoir une meilleure vie à l’extérieur, qui sont dans le processus d’être trompés par les trafiquants d’Hommes. Ils (les trafiquants) leur mentent pour dire qu’ils auront un meilleur emploi, spécialement dans les pays du Moyen-Orient. C’est cette attente que les populations vulnérables ont de ces pays de destination », regrette-t-il.

« Donc, s’il y’a une coopération entre les comités de lutte contre le trafic de la Guinée et la Sierra Leone, on pourra trouver des outils pour protéger les personnes vulnérables, pour s’assurer de leur ligne rouge… Nous pouvons réagir en référence à une politique de lutte commune entre les comités de lutte de la Sierra Leone et la Guinée via des consultations. Nous pouvons temporairement stopper ou arrêter ces trafiquants d’aller de l’avant, tant que nous ne sommes pas rassurés que ces personnes vulnérables ne seront pas exploitées dans ces pays de destination, c’est pourquoi nous sommes là aujourd’hui », a conclu M. Dehunge Shiaka.

Bhoye Barry, depuis Pamelap pour guinee7.com

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