C’est comme si l’heure n’est plus à la sérénité au sein de la majorité présidentielle où des « clans rivaux » seraient en train de s’écharper autour d’un communiqué présidentiel pourtant conciliant, appelant à l’ouverture du dialogue avec les opposants. Après le rejet de cette main tendue de la présidence par le parti au pouvoir, c’est finalement la Primature qui fait la courte échelle à Tibou Kamara, l’homme par qui ce psychodrame a éclaté.

Pendant que  des rumeurs les plus folles sur la guerre des chefs au sein de la majorité présidentielle, provoquée par ce fameux communiqué litigieux au sein de la majorité présidentielle, continuaient de se répandre  dans la cité, une fois n’est pas coutume, c’est le chef de cabinet adjoint de la Primature, Malick Tidiane Touré qui  invite les acteurs sociopolitiques à s’approprier du contenu de ce même communiqué.  

Pour qu’il soit ‘’suivi d’effet, pour une reprise du dialogue inclusif’’.

Ce proche de Kassory Fofana a fait cet appel du pied, dans un entretien chez nos confrères de radio espace ce vendredi.

Cette sortie du porte-parole de circonstance de la Primature, a pu sans doute lever l’équivoque sur l’origine dudit communiqué. Comme quoi, il ne s’agirait nullement d’un communiqué apocryphe. Partant de là, on se rend compte qu’il bénéficierait bel et bien donc de l’onction  de la Présidence de la République.

Par cette option, la Primature prend ainsi le contrepied du RPG-arc-en-ciel qui auparavant, par la voix de Souleymane Kéita, l’un des jeunes loups aux dents longues du parti, a dit ne pas se reconnaître dans cette démarche présidentielle.  

C’est comme si a priori, certains hiérarques du parti au pouvoir trouvaient le contenu de ce communiqué un peu trop bridé.      

Faisant transparaître l’image  d’un chef de l’Etat avec un genou à terre, dans cette épreuve de force avec le Front national pour la défense de la constitution (FNDC).

Il faut reconnaître que certains observateurs avaient par la même occasion, pensé que tout ça était tiré par les cheveux. Vu que le communiqué  censé sanctionner une réunion tenue dimanche au palais, n’a été diffusé que dans la soirée du lundi, après que des morts fussent enregistrés dans la capitale et à Mamou. Comme si quelque chose clochait à ce niveau.  

Quant à ces bisbilles qui ont éclaté au grand jour, autour de cette communication présidentielle entre le camp des « faucons » et celui des « colombes », elles ne sauraient être en réalité que l’expression d’une certaine  fébrilité au sommet de l’État.  

Ceux qui s’opposent en effet à la démarche présidentielle, accusent Tibou Kamara, qui a la double casquette de ministre conseiller personnel du président mais aussi de ministre de l’Industrie, d’être l’auteur dudit communiqué. Sans en référer dit-on aux barons du régime, dont Dr Mohamed Diané, ministre de la Défense et ministre des Affaires présidentielles, ou Amadou Damaro Camara, président de la majorité présidentielle. Des hiérarques du parti qui ont l’oreille du chef de l’État, et qui voudraient avoir barre sur les autres.

Donc pas question pour les ténors du RPG de se retrouver dans le rôle de comparses dans une entreprise de réconciliation. Eux, qui doivent en principe occuper les premières loges en pareilles circonstances.

C’est du moins ce que rapportent des bruits  de couloir sur cette guerre des chefs.

Dans ce jeu de massacre, Tibou Kamara se serait vu condamner sans nuance, à en croire certains médias locaux.  

Le salut pour lui, serait  finalement venu de la Primature où l’on semble tout de même partager l’esprit de ce communiqué. Si l’on en croit cette sortie sur radio espace du chef de cabinet adjoint.

Pendant que la Guinée s’enfonce davantage dans une crise marquée par des violences inouïes, à mesure que les jours s’égrènent, la  plupart des Guinéens regarde cette guéguerre avec circonspection. Tout en craignant que notre ne retombe dans les ornières d’un passé pas tout à fait élogieux.

En tout état de cause, pour une opinion quasiment désabusée par les mauvaises mœurs politiques, notamment en ce qui concerne cette affaire de changement constitutionnel, la frontière  entre « faucons » et « colombes » du navire présidentiel, ne serait pas très étanche. Vu que tous se disent partant pour cette cause qui provoque aujourd’hui des convulsions dans le pays.

Le reste ne serait qu’une guerre de positionnement autour du chef. Un classique sous les ors des palais présidentiels.

   Mamadou Dian Baldé

Journaliste et éditorialiste

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