Le général Sékouba Konaté vient de créer la surprise en se disant favorable au prolongement du mandat présidentiel de cinq ans à sept. En  lançant ce ballon d’essai, Konaté espère sans doute un dégel de ses rapports avec le locataire de Sékhoutouréa. C’est du moins ce que pensent certains observateurs, qui trouvent plutôt que le « tigre » multiplie les gaffes, après avoir été épinglé pour « contrebande d’espèces et de fausses déclarations aux agents de douanes », par la justice américaine.

Le général Sékouba Konaté, ancien président de la transition, et patron de la Force africaine en attente (FAA), qui a maille à partir avec la justice américaine pour « contrebande d’espèces et de fausses déclarations aux agents de douanes », vient de lancer la polémique en proposant le prolongement du mandat présidentiel à sept ans. Il recommande ainsi à ses compatriotes de se prononcer en faveur d’un référendum, pour parvenir à cette option. Certains observateurs ont vite fait de se demander si Sékouba Konaté ne prenait pas les vessies pour des lanternes. Car, le septennat est bien une expérience amère dont tente de se tirer le Sénégal, tout près de nous. La France elle, aura attendu près d’un siècle pour réduire le mandat de 7 ans à 5 ans.

C’est le  vendredi 25 décembre dernier, alors qu’il prenait part à une « manifestation culturelle », organisée  par le RPG Arc-en-ciel, à New York, aux Etats-Unis, que l’ancien président de la transition a fait cette annonce.

Lors  de cet événement auquel il était convié, Sékouba Konaté  a vanté les mérites du président Alpha Condé, qu’il aurait qualifié de « père de la démocratie guinéenne», comme le rapporte le site africaguinee.com. Avant de demander à ce que les Guinéens poussent la réflexion sur un éventuel prolongement du mandat présidentiel de 5 à 7 ans.

Pour cela, il recommande la tenue d’un référendum, afin de donner la latitude à ses compatriotes de se prononcer pour ou contre cette idée. Il faut rappeler que cette proposition vient de celui là même qui a promulgué   la Constitution guinéenne en 2010. Une Constitution qui ne fut pas soumise à un référendum, mais plutôt au vote  du Conseil national de la transition, organe législatif qui jouait le rôle du parlement. En attendant de voir comment le pouvoir va accueillir cette proposition, il faut dire que l’opinion dans sa majorité n’approuverait pas cette idée de référendum, dont le but serait uniquement de favoriser le prolongement du mandat présidentiel. Car cela pourrait faire naître d’autres velléités révisionnistes de la Constitution pour la suppression du nombre de mandat qui est de deux ans, à l’infini. Comme Sassou N’Guesso, du Congo  vient de le faire. D’ailleurs, le président de la Cour constitutionnelle, Kéléfa Sall, a dans son discours prononcé  lors de la prestation de serment du chef de l’Etat le 14 décembre dernier, avait mis en garde contre les chants des sirènes révisionnistes. Et voilà que le général Konaté vient de donner le ton.

Il faut rappeler que le Sénégal a tenté cette expérience de prolongement du mandat présidentiel de cinq ans à sept. Son parlement avait ainsi procédé à la modification  de l’article 27 de la Constitution du Sénégal relatif à la durée du mandat du président de la République. Et c’est à partir de 2012, que cela était entré en vigueur. L’actuel chef d’Etat sénégalais, Macky Sall, s’est d’ailleurs prononcé en faveur de la réduction de ce mandat à cinq ans. En France, il a fallu attendre près d’un siècle pour revenir au quinquennat. Après l’instauration du septennat vers les années 1873. Le  quinquennat n’y entre en vigueur qu’à l’occasion de l’élection présidentielle de 2002.  Et c’est Jacques Chirac qui fut le premier président à effectuer un quinquennat (2002-2007). Bien qu’au départ il n’éprouvait pas l’idée de cette réduction du mandat.

En attendant de savoir ce qui motive une pareille proposition de la part de Konaté, au moment où les esprits éclairés militent contre le régime présidentiel, qui dans notre cas ressemble à s’y méprendre au présidentialisme, il faut dire que le général s’est tiré une nouvelle fois une balle dans le pied. Et l’ancien président de la transition, qui ne bénéficie déjà pas de préjugés favorables, donne l’occasion à ses détracteurs de lui tomber dessus à bras raccourcis.

Mamady Kéita in Le Démocrate, partenaire de guinee7.com