Amara Léno (à gauche) est un exemple de réussite dans sa localité

Dans la localité de Kissidougou, les adhérents du Crédit Rural de Guinée font preuve d’un dynamisme remarquable. Par petites touches, ils ont changé leur vie et dégagé des perspectives qui laissent admiratif tout observateur qui comprend la difficulté du contexte…

Amara Léno est un exemple de réussite dans sa localité. Ce chef de famille, marié à une femme, et père de 7 enfants, a eu une trajectoire particulière dans ses relations avec le CRG.

« J’ai ouvert mon compte au CRG le 24 Août 2000. Au début je voulais épargner, ce que j’ai d’ailleurs réussi à faire à partir d’un montant d’1 million de francs guinéens. C’est quand j’ai vu les intérêts que, par la suite, j’ai eu l’idée de solliciter un crédit », a expliqué Léno.

Pour ses débuts, Amara obtient 3 millions GNF pour l’acquisition d’une décortiqueuse.

« C’était un crédit de 18 mois que j’ai réussi à rembourser entièrement, sans difficulté. Je parvenais à faire trois chargements (environ 3 tonnes) par an. Tout ce que je gagnais, je mettais dans mon compte, ce qui me facilitais le remboursement », souligne-t-il.

Encouragé par ce succès, Amara sollicite un prêt supplémentaire pour deux autres décortiqueuses.

« J’avais trois machines pour rembourser le prêt de deux machines. Cela m’a facilité les choses dans le remboursement et dans le développement de mes affaires », affirme-t-il.

Amara voit ainsi le bout du tunnel. Ses enfants sont scolarisés ; deux obtiennent le baccalauréat pour aller s’inscrire dans des universités privées à Conakry.

« Je suis allé jusqu’à 12 machines. Les affaires étaient prospères ; je pouvais faire un chiffre d’affaires de plus de 30 millions GNF, ce qui était considérable car l’argent avait de la valeur en ce moment », poursuit Amara.

D’autres concurrents se lancent plus tard dans le business, ralentissant les affaires d’Amara qui se déploie dans le domaine de l’éducation, tout en maintenant un minimum de décortiqueuses. Grâce ses garanties et à des prêts de plusieurs dizaines de millions obtenus auprès du CRG, il parvient à monter un projet pour la construction d’une école privée. Ce nouveau créneau lui ouvre de grandes perspectives ; il devient un entrepreneur prospère qui encourage ses amis à se lancer dans l’initiative privée.

« C’est l’un de nos meilleurs clients. Il est là il y a longtemps et c’est un vrai modèle », affirme Ibrahima Kalil Magassouba, délégué régional du CRG à Kissidougou.

La délégation régionale du CRG à Kissidougou compte 16 caisses ou relais dans la localité. Dans le plan global de 2019, elle a bénéficié d’une enveloppe de plus de 26,5 milliards pour appuyer les initiatives de ses adhérents. Plus de 90% de l’enveloppe, en majorité dans le commerce, ont déjà été octroyés pour un taux de recouvrement de plus de 98%.

Cheick Soumah