À travers un atelier organisé, ce jeudi, à Conakry, la direction nationale des systèmes informatiques du ministère du Budget a procédé à l’appropriation et à la vulgarisation de la novelle plateforme qu’elle la mise en place dans le cadre de la dématérialisation des bulletins de salaire des fonctionnaires de l’État. Étaient présents à cette rencontre, les chefs de cabinet des ministères du Budget, de l’Economie et des Finances, les directeurs des Ressources humaines (DRH), mais aussi des comptables “billetteurs” des différents départements de l’administration étatique.

Dénommé BUSE (Bulletin de Salaire Electronique), cette plateforme est, selon ses concepteurs, un espace privé de stockage, qui garantit aux fonctionnaires l’archivage numérique des bulletins de salaire et permet à chaque fonctionnaire d’avoir un accès gratuit et sécurisé, même en cas de départ à la retraite, à son bulletin de salaire.

« C’est une approche du ministère du Budget, mise en œuvre par la direction de l’informatique, pour être au rendez-vous de la révolution numérique, donc conforme à la vision du président de la République… Ce bulletin électronique de salaire s’inscrit dans le cadre de la modernisation de l’administration publique », a précisé Nagnouma Faro, chef de cabinet du ministère du Budget.
Pour elle, « si nous avons pris du retard sur les autres révolutions, cette fois-ci les conditions sont créées pour que nous soyons au rendez-vous de l’internet et du numérique. Donc, si nous (ministère du Budget et ministère de l’Économie et des finances, Ndlr), nous mettons une telle plateforme à la disposition des fonctionnaires de l’État, cela signifie que nous nous inscrivons parfaitement dans cette vision et que nous concourons à l’atteinte de cet objectif ».

Parlant de la non-formation de certains fonctionnaires à l’outil informatique, le chef de cabinet du ministère du Budget estime que cette nouvelle plateforme est une opportunité à saisir pour ces derniers. « C’est une opportunité à saisir et tous les problèmes connexes se résoudront. Il faut d’abord poser le problème et la solution suivra, c’est évident… Mais ce qui est sûr, c’est que nous allons laisser du temps, parce que les habitudes ont l’oreille dure, donc je crois que nous allons observer au minimum 6 mois et évaluer l’accessibilité de tout le monde à ces bulletins, voir l’effectivité, pour décider s’il faut vraiment rompre définitivement avec les bulletins papier », a-t-elle expliqué.

De son côté, le directeur national des systèmes informatiques au ministère du Budget, Ibrahima Kalil Diané, s’est plutôt penché sur le mode de fonctionnement du BUSE (Bulletin de Salaire électronique). « D’abord, il faut avoir accès à l’internet, être fonctionnaire de l’État et avoir un numéro matricule ; donc à partir de ces éléments, on aura accès à la plateforme, à travers un ordinateur ou même un téléphone portable. Dans l’administration publique guinéenne, cet outil va faciliter aux fonctionnaires d’avoir accès à leur bulletin à temps réel, parce qu’on a toujours eu des problèmes avec nos partenaires sociaux dans l’accession des fonctionnaires à leurs bulletins de salaire avant même le payement. Et il y a beaucoup d’autres avantages liés à l’usage de cet outil ; ça permettra à l’État d’économiser, ce qui est d’ailleurs l’objectif du président de la République. Ensuite, ça va faciliter aux fonctionnaires une certaine rapidité, telle que ceux qui vont dans des ambassades, ça va faciliter une vérification rapide de leurs bulletins », a-t-il fait savoir.

S’agissant de la sécurisation de cette plateforme, face aux malveillances des internautes, Ibrahima Kali Diané rassure qu’ « aucune personne n’a accès à une donnée, si elle n’est pas fonctionnaire et n’a pas un matricule, et le matricule est attribué à une seule personne ; donc il n’y aura pas de falsification, en aucun cas. Non seulement le système est sécurisé, mais il est aussi flexible. On a pris toutes les dispositions pour éviter ce problème ».

À noter que le BUSE est un programme réalisé par des experts locaux, c’est-à-dire le personnel de la direction nationale des systèmes informatiques, sans recours à l’étranger. Et il est de nos jours utilisé dans certains départements, notamment la Cour des comptes, depuis un mois.

Mohamed Kaba Soumah pour guinee7.com

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