En commençant cet exercice, je ne peux cacher la peine profonde qui est mienne à la suite du décès d’El hadj Amadou Diallo, président de la Section motards de l’UFDG, et de toutes les victimes de l’insécurité. Qu’Allah dans son immense miséricorde leur pardonne toutes leurs fautes, qu’Il multiplie leurs actes méritoires et qu’Il leur accorde son paradis ! Amina !

A l’instar de tous ceux qui sont épris de paix et de justice, je souhaite qu’il plaise à Dieu de faire en sorte que la lumière soit faite sur ce drame et que les coupables soient identifiés, arrêtés et châtiés comme il se doit ! Amina !

Cela d’autant plus que certains spécialistes de la récupération des drames sociaux à des fins politiques (de véritables nécrophages !) se sont déjà saisis du sujet et n’hésitent pas à s’adonner à des commentaires pour le moins osés tendant à y voir un crime politique.

Après le décès d’El hadj Amadou Diallo, c’est au tour du député Aboubacar Soumah de déclarer qu’il est menacé de mort. Vint après Sidya Touré qui affirme que des militaires veulent le faire passer de vie à trépas.

Parce qu’on est contre le pouvoir, il est responsable de tout ! Dans tous les cas, il est mis à l’indexe car responsable de la «criminalité galopante» dans le pays et par conséquent «coupable» dans toutes les affaires de crime ! Jugé et condamné sans autre forme de procès, le pouvoir se retrouve à son corps défendant dans une posture précaire entre le sacrosaint principe de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice et la nécessité d’intervenir pour hâter les enquêtes. Quand des hommes de droit se mêlent à la danse, c’est à tomber des nues, à moins d’être vacciné contre leur mauvaise foi congénitale.

En vérité, la Guinée navigue dans une logique toute tracée que seuls les naïfs et les nuls en analyse politique ignorent : l’engrenage de la surenchère ou encore la stratégie du pire de l’opposition. Les raisons sont qu’après avoir été battue sur le plan des idées, sur le terrain politique, après n’avoir pas réussi à montrer par les mouvements de foules qu’elle avait inversé la majorité, après avoir perdu la conquête de l’opinion publique… l’opposition, pour ne pas perdre la face, doit absolument marquer profondément les esprits pour tenter de forcer le destin en 2015.

Elle a donc du sang noir à se faire. Cela d’autant plus que, si on peut fort aisément imaginer qu’un Lansana Kouyaté accepte une défaite en 2015 et se remette à l’ouvrage dans la perspective de 2020, on voit mal et même très mal un Sidya Touré, ou un Cellou Dalein Diallo dans ce schéma. «That is the problem» (c’est ça le problème) comme diraient les Anglais. Assurément l’UFR, qui bat déjà de l’aile, est dans la logique du coup de poker et ne peut pas résister au temps. Il y a donc une véritable obligation de résultat pour une partie de l’opposition et on comprend dès lors que les uns et les autres n’y aient pas les mêmes agendas d’autant plus l’idée d’une candidature unique a sérieusement désorganisé l’ensemble au point d’y bouleverser la hiérarchie, ce qui est loin de plaire à tout le monde. On dort donc dans le même lit mais on ne fait pas les mêmes rêves.

Dans ce contexte, certaines activités de l’opposition soulèvent de sérieuses questions. C’est le cas de la mise sur pied du mouvement ‘’Tout sauf Alpha’’, qui s’apparente à tous points de vue à un groupe de véritables milices privées dont le rôle sera non seulement d’organiser mais de conduire et exécuter sur le terrain le combat pour empêcher que Alpha Condé ne rempile en 2015. Ce qui suppose forcément d’éventuelles actions violentes ou pouvant déboucher sur des violences.

On le sait, en politique l’action entraîne la réaction. Du côté du pouvoir, va-t-on rester sans réagir ? Ne va-t-on pas créer des structures appropriées pour faire face à la milice ? Des questions qui méritent attention et qui augurent une montée inquiétante du mercure social. Et si c’était le but recherché par certains opposants ? Certaines déclarations va-t-en-guerre indiquent que face à l’échec programmée, il y en a qui seraient prêts à tenter le diable.

Il faut d’autant plus le craindre que l’opposition ne cache pas ses ambitions d’en découdre puisqu’elle sait qu’elle ne peut pas influer sur le cours des évènements. Va-t-on toutefois franchir le Rubicon en allant vers des actions ouvertement violentes ? Il faut espérer que la raison l’emporte. Toutefois quand on prend en compte le discours prononcé par Cellou Dalein à Chicago appelant à la guerre civile, on est en droit de craindre le pire sachant qu’une telle personne a des «milices» à ses ordres et qu’elle est coutumière des actions musclées. Mais c’est sûr, c’est certain, ils auront fort à faire car, en face, on semble paré à toute éventualité. On s’y prépare d’ailleurs depuis si longtemps qu’on devrait pouvoir maîtriser la situation sans trop de casses. Et on ne le sait que trop bien, ici comme ailleurs, cela ne se fait pas sans quelques torgnoles. On aura donc des concertos de putois qu’on écorche vifs, et il faudra s’y faire.

Karamba Diakhabi

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