Une vingtaine de candidats ont pris position sur la ligne de départ. Au terme du premier tour, deux candidats ont émergé du lot, ce sont Georges Weah, ancienne vedette de football et Joseph Boakai, vice-président du parti de la présidente sortante. Le décompte des voix donne 39% au premier et 29% au second après 95% de bulletins dépouillés.

Pendant que le pays s’achemine vers le second tour de la présidentielle (11 novembre 2017), des analystes politiques n’arrêtent pas de spéculer sur les atouts et les faiblesses de l’un ou de l’autre des deux candidats. On met en exergue les grands atouts de Georges Weah : il est soutenu par la jeunesse, il n’a jamais trempé dans une affaire louche aussi bien dans le public que dans le privé, il possède un carnet d’adresses bien fourni. Mais son côté faible est qu’il manque d’expérience administrative et politique. Son chalangeur, lui, bénéficie d’une longue expérience politique, il est rodé aux affaires de l’Etat.

Aujourd’hui, qui des deux candidats est le mieux placé pour l’emporter, se demande-t-on ? Il faut pronostiquer avec beaucoup de prudence, car la compétition électorale est semblable à un match de football, rien n’est gagné avant le dernier coup de sifflet. On peut juste poser quelques postulats : Briguer la magistrature suprême est une chose, gouverner bien est une autre. Il est bon que l’élu soit doté d’une bonne expérience dans la gestion des affaires de l’Etat, et qu’il soit muni d’un  minimum de sagesse, d’instruction ou de culture, le tout accompagné par la fibre patriotique. Un de nos leaders guinéens, en l’occurrence Sidya Touré, a bien caricaturé la magistrature suprême en disant que « la présidence ne saurait être un centre d’apprentissage ».

Les Guinéens vivent maintenant l’amère réalité de cette pensée. Il y a sept ans ils ont bombardé à la tête de l’Etat un homme qu’on dit ‘‘Professeur de droit, opposant historique aux mains propres’’. On a minimisé le fait que l’homme souffre d’un lourd handicape, le manque d’expérience de la gestion des affaires publiques. Au moment où l’on s’en rend compte, c’est trop tard ; il est assis dans le fauteuil présidentiel, solidement entouré par une horde de vampires politiques  ou de bandits à col blanc qui sont prêts à tout pour perpétuer son règne.

Voilà le danger qui guette le Liberia, l’imitation servile de l’erreur guinéenne, autrement dit voter par émotion, par sentiment, par fantaisie. Il n’y a pas lieu cependant de s’alarmer outre mesure, tous les peuples ont les gouvernants qu’ils méritent. Le poète romain Ovide avait raison de s’exclamer : « Heureux celui que rendent sage les dangers courus par autrui ! »

O.TIERO (L’Indépendant)

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