L’Honorable Baidy Aribot  aborde dans un entretien accordé à notre reporter, des points liés  à  la rencontre en vue entre Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé,  la gestion des  marches de l’opposition, la question des contremanifestants à Kaloum et l’attitude   de la communauté internationale face à la crise guinéenne.   Lisez…

Vos propos pour la rencontre avortée du vendredi entre Cellou et Alpha sont diversement interprétés au sein de l’opinion. Vous avez dû vous en rendre compte, n’est- ce pas?

Honorable Baidy Aribot : Il faut tenir compte des avis des uns et des autres  dans un débat contradictoire, ça raffermit l’unité, ça permet d’éviter d’avoir la même façon de voir les choses et de donner les mêmes argumentations. C’est ça aussi la démocratie au sein de l’opposition. Parce qu’auparavant nous nous sommes engagés dans les médias et partout à soutenir l’initiative de Cellou Dalein  d’aller rencontrer le président de la République.

Est-ce que cela sous-entend que vous n’avez pas été préalablement informés du report  de la rencontre Cellou-Alpha ?

Non pas du tout. J’ai appris ça dans la presse et puis j’ai vu que même la forme n’était pas là, raison pour laquelle j’ai dit que cela ne se doit pas, c’est l’opposition républicaine qui, en plénière décide des décisions ou des avis  de chaque leader par rapport à un sujet d’intérêt national, alors s’il y a un changement à la dernière minute,  c’est un problème de temps, je crois qu’on peut élargir la concertation à tous les niveaux, raison pour laquelle j’ai dit et je déplore encore que cette rencontre n’ait pas eu lieu, ça aurait permis  à chacun de nous de situer les responsabilités des uns et des autres par rapport à ce problème de crise.

Est-ce qu’on peut appeler cela comme étant une trahison de la part de Cellou Dalein ?

Non ce n’est pas une trahison. C’est loin d’être une trahison. Il faut comprendre qu’il y a eu des problèmes liés aux contraintes de dernière minute au sein de l’UFDG et qu’il y a eu manque de concertation mais encore j’insiste que la forme au sein de l’opposition doit être respectée pour éviter vraiment que les gens considèrent les uns et les autres.

Sur le bilan des deux dernières marches, est-ce que la mobilisation des militants était effective aussi à Kaloum ?

La mobilisation était vraiment effective à Kaloum aussi, il faut scinder deux choses à Kaloum. Vous avez la population active à Kaloum, ceux qui viennent pour travailler et vous avez les militants de l’opposition à Kaloum qui sont aussi majoritaires, on ne peut pas forcer les gens à dépasser leur peur, on ne peut que les mobiliser et les pousser, on a vu des jeunes et des femmes déterminés, il ya eu des arrestations nocturnes. Il ya eu l’achat des consciences  et il ya eu beaucoup de choses qui ont influencé cette mobilisation dans sa totalité mais cela dit que beaucoup de choses ont été observées à Kaloum depuis le début des manifestations il ya eu des sorties qui n’étaient pas courantes à Kaloum, pour nous avec les arrestations et autres que les kaloumkas ont fait face à ces manifestations, les gens se sont mobilisés et il ne faut pas oublier que  ce sont des militants qui se battent mains nues face à une gendarmerie et une police qui ont tous les moyens de répression pour démobiliser les militants de l’opposition c’est-à-dire la manière dont ils répriment les manifestations donc le combat doit continuer, intensifier la mobilisation et continuer à nous battre avec nos moyens comme nous n’en avons pas assez comme le pouvoir qui distribue de l’argent, en longueur de journée mais aujourd’hui nous pensons que les gens sont déterminés à en finir avec ce régime.

Lors de la dernière marche vous avez été confiné chez vous. Est-ce votre confinement  a affecté  la mobilisation de vos militants à Kaloum ?

Oui c’est l’un des facteurs qui a démobilisé nos militants et ils l’ont bien compris parce que quelque part je crois que la motivation des militants passe par là. Quand ils voient leurs leaders devant la marche c’est en Guinée qu’on voit ça mais ailleurs non, quand  même je pense que honnêtement ça été un facteur de démobilisation et certains même pensent que ce confinement,  on s’y plaît dedans mais ils oublient que quelque part au-delà de ce confinement,  il ya le problème de la sécurité de nos militants, il ya le problème lié aussi à des manigances du pouvoir pour essayer  de nous casser une bonne fois pour toute, dans les perspectives des futures élections. Donc tous ces paramètres doivent être pris en compte pour comprendre aujourd’hui que nous nous ne sommes pas des lâches, des hypocrites qui vont se cacher  quelque part il ya ce confinement,  et qui refusent d’affronter ce confinement  malgré son caractère  barbare, son caractère de privation de liberté donc franchement il faut que les gens comprennent notre attitude face à des situations pareilles, nous sommes des opposants nous sommes là pour nous battre mais on ne peut faire que ce qu’on peut faire, vous ne pouvez pas obliger des gens à dépasser leur peur. Aujourd’hui il faut que les gens comprennent cette attitude de fait.

Dans vos manifestations, on parle de contre manifestants, est-ce que c’est le cas aussi à Kaloum ?

Bien sûr mais ils sont minoritaires et puis ce sont des gens qui mangent l’argent du pouvoir mais ils ne font rien parce qu’ils savent qu’ils sont minoritaires s’ils se manifestent ils sont écrasés.

L’achat de conscience serait effectué par d’autres hommes d’affaires ou des proches du pouvoir, semble-t-il. Est-ce vrai ?

Il y en a beaucoup. Ce sont eux qui sont à la base de l’achat des consciences, ce sont eux qui utilisent les jeunes de Kaloum en les retournant contre leurs propres bases et en leur donnant beaucoup d’argent. Cela aussi est un facteur qui agit considérablement parce que le problème de Kaloum c’est que le pouvoir veut qu’il y ait manifestation partout sauf à Kaloum.  Donc pour ces raisons le pouvoir met beaucoup d’argent pour ne pas qu’il y ait des manifestations à kaloum.

Parmi ces hommes d’affaires qui procèdent à l’achat des consciences, pouvez-vous en citer?

Le moment venu nous citerons leurs noms mais ils sont connus par tous.

Avez-vous un regret face à vos propos à l’encontre de la communauté internationale ?

Moi je n’ai pas dit que la communauté internationale elle-même est hypocrite mais j’ai dit que l’attitude de la communauté internationale est hypocrite face à la crise actuelle. Qu’on tue les Guinéens et qu’on n’entende pas cette communauté internationale condamnée l’acte de tuer les innocents que le pouvoir réprime nos militants de manière continue, et qu’on n’entende pas cette communauté internationale condamnée ces actes, pour moi c’est une hypocrisie alors donc qu’on accepte le mot je persiste et je signe. Donc la communauté internationale elle-même n’est pas hypocrite, mais ce sont ses attitudes qui sont hypocrites. C’est mon point de vue.

Quel peut-on retenir de votre récente tournée aux USA ?

Le bilan de ma tournée est globalement positif parce que ça a permis de faire la restructuration du parti. Nous avons de nouveaux adhérents et nous avons eu la certitude maintenant que l’UFR soit représentée en Amérique du Nord comme les autres partis et les élections à venir vont donner à l’UFR la place qu’elle doit occuper dans l’échiquier politique guinéen.

                                                           Interview réalisée par Alsény Fadiga (L’Indépendant)

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