La formation est la pierre angulaire du développement parce qu’elle permet la constitution du plus précieux capital d’un pays, les ressources humaines. Tout le monde le pense et le croit mais tout le monde ne travaille pas à la réalisation du concept. Ainsi en a été de la formation sous la première république chez-nous en Guinée.

Le parti au pouvoir d’alors, le Parti Démocratique de Guinée (PDG) et son leader avaient tout mis en œuvre pendant vingt-six ans de règne à faire de la formation un instrument de propagande idéologique et rien que ça. A l’exception de quelques promotions d’élèves et d’étudiants des débuts de l’indépendance, l’école guinéenne n’à été qu’une vaste pépinière de cadres et agents mal formés, embrigadés toute leur vie pour l’adulation et la gloire du parti-Etat sous la férule du dictateur déifié sous le titre de Responsable Suprême de la Révolution. Le sérieux des cours avait cédé la place à des mouvements infinis de soutien à la révolution, à des marches, des chants et des danses ponctués de discours démagogiques par le biais desquels jeunes et vieux rivalisaient d’ardeur en vue d’obtenir telle ou telle faveur du parti. Et lorsque de temps à autre des élèves ou des étudiants réclamaient des livres ou des bibliothèques, le premier magistrat du pays leur répondait dédaigneux : « Mais que faites-vous des Tomes du Parti ? » Les tomes en question, on en comptait pas moins de trente, constituaient la littérature idéologique dont Sékou Touré se réclamait l’unique auteur.

L’école guinéenne sous la première république a subi par ailleurs un coup presque mortel à travers l’enseignement en langues nationales qui, s’il est en lui-même une bonne chose, avait été mal initié et mal pratiqué. Il en est résulté des promotions d’élèves ignorant tout du B A BA de la langue française, notre langue de travail. Les énormes dérapages dans la formation de générations de jeunes Guinéens sont aux yeux de maints observateurs le crime le plus odieux de la révolution ‘’ pédégiste’’. De multiples réformes du secteur de l’éducation se sont succédées depuis la fin du premier régime sans succès. On a l’impression que les choses vont de mal en pis parce que enseignants et apprenants ne parlent plus le français comme ça se doit. Le niveau de la formation a terriblement chuté et tous les secteurs de l’administration publique et privée en sont affectés.

Aujourd’hui l’on s’échine à pallier tant que faire se peut aux incohérences de la formation de nos cadres par l’organisation de séminaires et ateliers. Voici une de nos institutions qui vient de boucler la semaine dernière une formation en secrétariat pour une vingtaine de ses secrétaires dames. Pour la circonstance un cabinet de formation a été recruté, des per diem et des satisfécits ont été gracieusement distribués, des discours plus ou moins pompeux ont été prononcés, mais la triste réalité est là qui crève les yeux, la majorité des ces dames n’a pas de niveau, beaucoup d’entre elles ne peuvent construire ou écrire correctement une phrase en français. L’on est bien tenu de se rendre à l’évidence, évidence qui est qu’en matière de formation quand la base est ratée, tout est raté.

                                                                                                                     Walaoulou BILIVOGUI in Le Démocrate

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici