Au cours d’une récente sortie médiatique, le chargé des urgences du bureau de l’OMS en Guinée, Mamadou Oury Baldé, fait le point sur la situation de la rougeole en Afrique, depuis le début de l’année 2019. Selon les statistiques données par cet expert, la Guinée est l’un des pays d’Afrique les plus touchés par cette maladie contagieuse, avec 523 cas rapportés, à la date du 7 avril 2019.

Prenant la parole, Mamadou Oury Baldé a d’abord souligné que la situation de la rougeole est préoccupante sur le plan mondial, « car, dit-il, les épidémies de la rougeole sont devenues fréquentes et récurrentes dans toutes les régions du monde, avec des taux d’incidence variables d’une région à une autre ».

Pour ce qui concerne la région africaine de l’OMS, il a précisé qu’à la date du 7 avril 2019, « le Tchad a rapporté 437 cas de rougeole ; République Centrafricaine 151 cas ; la RDC 29. 820 cas ; l’Éthiopie 136 cas ; la Guinée 523 cas ; Kenya 418 cas ; le Libéria 590 cas ; le Madagascar 117. 075 cas ; le Mali 430 cas ; Maurice 1.444 cas ; le Nigeria 5.793 cas ; le Soudan du Sud 542 cas ; l’Ouganda 364 cas ; la Zambie 93. Soit un total de 157. 816 cas, avec 1.407 décès ».

À en croire le chargé des urgences du bureau de l’OMS en Guinée, les causes de cette flambée en Afrique s’expliquent notamment par des poches de fragilité et de faible couverture vaccinale. « La médiocrité des infrastructures de santé, les troubles civils, la faible sensibilisation de la communauté, la complaisance et l’hésitation face à la vaccination ont parfois conduit à des épidémies dans pays développés et en développement », a-t-il ajouté.

Pour les recommandations et voies à suivre, M. Oury Baldé a fait savoir qu’« il faut changer les stratégies actuelles, en consacrant plus d’efforts à l’augmentation de la couverture vaccinale et au renforcement des systèmes de santé. Faute de quoi, les flambées épidémiques continueront de se succéder. Des investissements soutenus sont nécessaires pour renforcer la fourniture des services de vaccination et saisir toutes les occasions de vacciner ceux qui en ont besoin ».

Par ailleurs, cet agent de l’OMS a informé que son institution a déjà alerté sur une flambée de rougeole dans le monde, en relevant un bond d’environ 50% des cas signalés en 2018 par rapport à 2017, faisant 136.000 morts. Avant de renchérir : « Nous disposons d’un vaccin sûr, efficace et peu coûteux contre une maladie très contagieuse. Un vaccin qui a sauvé près d’un million de vies chaque année, au cours des dix dernières années ».

À noter qu’en Guinée, le ministère de la Santé, à travers l’ANSS (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) et avec l’appui technique et financier des partenaires, a lancé depuis plus d’une semaine, un plan de contrôle accéléré de la rougeole, sur toute l’étendue du territoire national.

Mohamed Soumah pour Guinee7.com  

 

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1 COMMENTAIRE

  1. Le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée-Infection, explique l’origine de la flambée des épidémies de rougeole dans une vidéo de 15 minutes.

    Exemples :
    « Cette année, on a eu un interne qui a fait une rougeole alors qu’il avait de l’anticorps extrêmement élevé. Ce n’est pas aussi simple qu’il suffit de vacciner tout le monde et qu’il suffit d’avoir des anticorps, il y a la variation des souches. Les souches qui émergent ici avec notre vaccin, ne sont pas les mêmes que celles qui apparaissent en Chine, et dont la souche est différente »

    « Il est possible que pour la rougeole comme pour la grippe, qu’il faille qu’il y ait un mélange de souches de différentes natures dans les nouveaux vaccins, et ne pas refaire le vaccin qu’on fait depuis des décennies, pour faire face au fait qu’il y a une telle pression de sélection sur la souche initiale, qu’il émerge des souches qui sont résistantes à ce vaccin. C’est un même mécanisme que celui de la résistance aux antibiotiques »

    https://www.youtube.com/watch?v=ZPE-117rdd0
    Ajoutée le 17 avr. 2019

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