Invité à une rencontre internationale axée sur “le tourisme en Guinée”, récemment tenue à Conakry, l’ancien Premier ministre, Kabinet Komara, a donné des conseils pour le bon fonctionnement de ce secteur, que certains observateurs considèrent aujourd’hui comme étant un “levier de développement inexploité” en République de Guinée.

Profitant de la présence de plusieurs ministres du gouvernement en place, notamment Moustapha Naïté (ministre des Travaux publics) et Thierno Ousmane Diallo (ministre d’État en charge du Tourisme), le chef du gouvernement sous la transition militaire a ressorti quelques actions que l’État devrait entreprendre dans le domaine touristique, pour mieux développer ce secteur qui, il faut le reconnaitre, est encore faible en Guinée, malgré la diversité de ses sites et de son riche patrimoine historique.

« Je crois que la première des choses, c’est d’engager un consultant pour faire le recensement de tous les sites, ensuite lancer un appel d’offres, site par site pour recruter des exploitants… Et là, vous aurez des gens qui sont engagés à réhabiliter et à exploiter ces sites. Parce que si tous ces sites sont abandonnés, ils vont tous disparaitre. Les cas du “Voile de la mariée” (Kindia) en est un exemple palpable, et là s’il y avait un exploitant privé qui a l’accord de tout le monde, il se battra pour qu’on ne déboise pas autour du site », a déclaré le ministre Komara, à l’entame de ses propos.

Il poursuit plus loin : « La deuxième idée, c’est le tourisme interne. J’ai fait 14 ans en Égypte, chaque fois que ce pays est frappé par un mal extérieur, le ministère se battait pour promouvoir le tourisme interne, c’est extrêmement important. Et en Guinée, nous avons suffisamment d’événements qui peuvent susciter les gens à se déplacer. Au Sénégal, l’une des grandes sources de déplacement touristique, c’est les activités religieuses… On peut faire la même chose ici autour de Dinguiraye, de Touba et beaucoup d’autres sites. Mais il faut que ces évènements soient recensés et qu’ils soient confiés à des professionnels du tourisme, qui vont faire en sorte que ces évènements-là soient des opportunités pour attirer et les Guinéens de l’intérieur et les Guinéens de l’extérieur ».

Pour Kabinet Komara, l’un des aspects qui pourra également permettre le développement du tourisme en Guinée, c’est la mobilité dans la capitale, Conakry. « Ça ne sert à rien de continuer à faire des hôtels à Conakry, si on ne peut pas se déplacer facilement. Pour rentabiliser nos hôtels-là, il faut qu’il y ait des grandes rencontres internationales, et pour le faire, il faut que les gens qui viendront sachent que quand ils finiront leur réunion, à Kaloum par exemple, ils peuvent rejoindre l’aéroport sans rater leur vol. Donc disons qu’il n’y ait pas des grèves, des gens qui se déplacent… En même temps, qu’on fasse des échangeurs assez rapidement, parce qu’on a au moins 1 500 nouveaux véhicules qui rentrent tous les mois et qui s’ajoutent qui à ceux sont déjà là, sachant que les routes sont étroites… Je parie que si nous ne faisons rien, dans deux ans, Conakry sera absolument bloquée » a-t-il conseillé.

Par ailleurs, l’ancien Premier ministre a recommandé au gouvernement de délocaliser certains évènements à l’intérieur du pays, par exemple tenir des conseils des ministres à Labé, à Kankan, Nzérékoré etc. Chose qui, selon lui, « permettra aux les gens de découvrir la réalité, les capacités hôtelières vont se déplacer, vous allez créer un point d’échange qui va pousser les gens à découvrir l’intérieur du pays, et les gens de l’intérieur vont au fur et à mesure développer leurs capacités hôtelières ».

Mohamed Soumah pour Guinee7.com