Selon un article paru dans Forbes, le 2 décembre dernier, ‘‘Vale semble être encore dans la course » pour développer les blocs 1 et 2 de Simandou. Le magazine citant une source de la firme brésilienne indique qu’une façon pour Vale de rester actif dans le projet et de contourner d’éventuelles contestations juridiques par Beny Steinmetz pourrait être de racheter la participation de BSGR dans la joint-venture (VBG). Il semble que les deux parties discutent déjà prix.

Conakry ne serait pas contre ce deal. Car cette décision ferait suite à la visite du président Alpha Condé au Brésil, il y a quelques jours. Le président Condé qui n’aurait pas rencontré la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, en tout cas officiellement, mais a cependant rencontré Rafael Benke, un haut cadre de Vale, fin connaisseur du dossier Simandou.

Si la solution qu’envisage Vale peut contribuer à atténuer la tension entre le gouvernement guinéen et la boite à Beny Steinmetz, elle ne résout cependant pas, selon des analystes, le problème.

Compte tenu du fait que BSGR est sous enquête pénale notamment aux USA aux USA où un certain Frédérick Cillins qui a défendu les intérêts de BSGR en Guinée est poursuivi pour, entre autres, corruption. Il est inimaginable qu’un arrangement économique absout l’action judiciaire engagée aux USA.

Par ailleurs, certains observateurs estiment que la société du milliardaire israélien doit être dépossédée de ses droits miniers sur le Simandou si les faits de corruption contre elle sont avérés. Le cas échéant, le gouvernement guinéen comme l’exige le code minier, devrait procéder à un appel d’offres pour trouver de nouveaux partenaires. Quitte à donner à Vale des avantages comme le droit de premier refus, etc. parce que Vale a déjà procédé à d’importants investissements.

Pour rappel, en 2010, Vale, société minière brésilienne, avait acquis des actifs de minerai de fer des blocs 1 et 2 du Simandou en rachetant 51% du capital de BSGR Guinée pour un montant total de 2,5 milliards de dollars, dont 500 millions avaient été payés immédiatement. Après l’élection d’Alpha Condé qui a juré de lutter contre la corruption dans les mines guinéennes, les enquêtes ouvertes sur le mode d’acquisition des droits miniers par BSGR à Simandou ont révélé des pistes de corruption. Les enquêtes sont ouvertes en Guinée, en Grande Bretagne, en Suisse, aux USA, notamment.

Ibrahima S. Traoré