Présent dans la délégation du ministre de la Justice, Mory Doumbouya, qui a fait une visite à la maison centrale de Conakry, Me Paul Yomba Kourouma que nous avons joint au téléphone ce mercredi 12 août a rapporté les demandes de son client, Aboubacar Sidiki Diakité alias Toumba.

D’après Me Yomba, le ministre de la Justice a vraiment « posé un acte inédit, un acte historique, un acte d’une très grande portée humanitaire et sociale. Qui n’a jamais été accompli par aucun ministre, depuis 32 ans que je suis avocat ».

Avant de signaler que pour la réussite de la rencontre, « le ministre a tout d’abord renvoyé de la salle toutes les personnes encombrantes à commencer par le régisseur de la maison. Dont la présence pourrait perturber certains détenus».

Par rapport à ce qui s’est passé, l’avocat nous a narré: « Il a interrogé les personnes concernées par les évènements du 28 septembre. Il a reçu personnellement Toumba. Parce qu’en réalité, c’est le seul à avoir été renvoyé malgré que l’arrêt de renvoi inculpe plusieurs hauts cadres et hauts dignitaires dans l’armée. Toumba a été le seul à avoir été écroué. Toumba donc, s’est adressé à monsieur le ministre de la Justice a fait état de cette discrimination. De la maltraitance dont il fait l’objet relativement au traitement de son dossier. Il lui a exposé son état de santé. Il a même soulevé sa chemise pour que le ministre voit comment sont le ventre et ses reins pour éviter tout mouvement de ses intestins. Toumba lui a dit qu’il ne prenait que 4 cuillérées par jour, ne voulant pas beaucoup manger pour s’éviter d’aller aux selles. Parce que y aller suppose de la pression. Et cette pression agit sur lui. Donc il lui a fait part du fait qu’il ne dort pas bien et qu’il ne boit pas. Qu’il n’a pas de traitement malgré que ce diagnostic ait été clairement établi par la direction nationale de l’hôpital Ignace Deen à la requête de son prédécesseur, Me Cheik Sako. Aucune prise ne charge n’a lieu. Et Toumba est souvent enfermé par derrière. Donc lui-même ne peut pas s’ouvrir la porte. Si ses geôliers ne le veulent pas ou ne le désire pas. Si on n’a pas besoin de lui. Ç a veut dire que les périodes de crise qu’il passe là-bas, se passent sans secours. Et qu’en cas de court-circuit, il peut en pâtir. » 

« Toumba donc a demandé le renvoi en prison de tous les membres du gouvernement du CNDD. Parce que ce procès ne peut se faire en dehors de ceux-ci. Toumba n’a pas occulté. Il a aussi parlé du non renouvellement de son mandat de dépôt au point que son maintien en détention était arbitraire. Il a dit au ministre de la justice que la maison centrale n’était plus apte à le recevoir et à le garder. Et qu’il n’était plus pensionnaire de la maison centrale dès lors que son mandat de dépôt n’a pas été enregistré. Il a dit au ministre que celui-ci pouvait le libérer pour plusieurs raisons. Il lui a dit que sa mise en liberté n’était plus nécessaire à la manifestation de la vérité. Que son dossier était clos, l’instruction était close et qu’il n’avait rien à modifier dehors quand il sortirait. Donc Toumba a respectueusement demandé à son excellence monsieur le ministre de bien vouloir procéder à son évacuation sanitaire parce qu’il n’entendait pas se faire opérer ici en Guinée. D’abord sa maladie requiert une expertise qu’on ne peut trouver ici et même s’il y a des personnes ressources, la technologie ne s’y prête pas. Deuxièmement, il a déjà échappé à deux tentatives d’assassinat par injection, donc pour toutes ces raisons, certaines personnes qui sont concernées par ce dossier, mais qui n’ont pas été visées par l’instruction, qui le seront si Toumba ouvre la bouche ; celles qui sont aussi inculpées, mais qui ne sont pas en prison, ont intérêt à ce que Toumba ne comparaisse pas à cette barre et pourront influencer les médecins. Qui iront éventuellement le soigner ici. Toumba a demandé qu’il soit évacué pour les besoin de son traitement.  Il a insisté sur le fait qu’il tenait vraiment à être jugé, qu’il tenait à s’expliquer devant le peuple de Guinée, qu’il tenait à déposer le masque qu’on lui a porté quand il n’était pas présent en Guinée. Et qu’il voudrait que le peuple de Guinée sache les véritables bourreaux. Ceux-là qui ont procédé à ce massacre. Que nul ne pourrait échapper tant qu’il sera là. Parce qu’il est témoin de cette histoire », a-t-il fait savoir. 

Selon lui, « Le ministre de la justice a été très sensible quant à cette démonstration que Toumba a faite. Il a rassuré Toumba que les jours qui suivent qu’un comité technique va se réunir et auquel son avocat appartiendra pour que techniquement que nous voyons la faisabilité de sa requête de même celle des autres aussi. Parce qu’il y a eu plusieurs demandes là-bas».

Enfin, il a espéré « le regard de l’Etat vers Toumba les jours à venir».

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com