L’Opposition Républicaine attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur l’intention du Gouvernement et de la CENI de n’organiser les élections communales qu’après l’élection présidentielle de 2015.

Cette Inversion de l’ordre des élections a pour but de proroger le mandat illégal des délégations spéciales et des Chefs de quartier nommés par l’Exécutif en violation des dispositions de la Constitution et du Code des Collectivités Locales.

L’objectif recherché est de maintenir en l’état le dispositif mis progressivement en place par le Pouvoir en vue d’organiser, lors des prochaines élections,  une fraude massive et généralisée dont les autorités locales nommées et ne disposant d’aucun mandat électif constituent les leviers essentiels.

Convaincu que des élections communales transparentes constitueront un désaveu pour lui et le placeront dans une dynamique de défaite avant l’élection présidentielle, le pouvoir s’obstine à amener la CENI à adopter un chronogramme prévoyant l’organisation du scrutin présidentiel avant les élections locales.

Dans le même temps le Gouvernement et le parti au pouvoir, par des manœuvres dilatoires, retardent la reprise du dialogue politique au cours duquel aurait pu être discutées et résolues les questions importantes suivantes ayant une incidence décisive sur la qualité du processus électoral : le chronogramme des élections, la reforme de le CENI, le fichier électoral, le Juge Électoral, etc.

L’Opposition Républicaine réaffirme sa ferme volonté de s’opposer à cette autre tentative de tripatouillage des Lois de la République par les autorités actuelles qui ont mis en place, partout dans le pays, à la tête des communes rurales et urbaines ainsi que des quartiers et districts, des fonctionnaires zélés et des activistes du parti au pouvoir.

Étant donné que le délai qui reste à courir avant la date légalement prévue pour la tenue de l’élection présidentielle est à peine de sept mois, il est impératif que les élections communales soient programmées dès maintenant et organisés dans le prochain trimestre. À défaut, le Pouvoir et la CENI pourraient justifier le report des élections locales par l’impossibilité d’organiser deux élections dans un délai relativement court.

Aussi l’Opposition Républicaine exige-t-elle que soit publié au plus tard au 15 mars 2015 un chronogramme électoral envisageant la tenue des élections communales avant l’élection présidentielle.

Si au-delà de la date du 15 mars prochain cette revendication fondamentale n’était pas satisfaite, l’Opposition Républicaine prendra les mesures suivantes :

  • tous les députés de l’Opposition, membres des deux groupes parlementaires de l’Assemblée nationale, suspendront leur participation au Parlement ;
  • l’Opposition ne reconnaitra plus la CENI, en rejettera toutes les décisions et résolutions et demandera aux commissaires désignés par elle d’en tirer, en toute liberté, les conséquences quant à la poursuite de leur participation à cet organe de gestion des élections ;
  • l’Opposition ne reconnaitra plus les délégations spéciales indument substituées aux Maires et Conseils Communaux. Elle appellera le Peuple de Guinée à refuser leur autorité et à observer des actes de désobéissance civile à leur endroit ;
  • l’Opposition reprendra sans tarder ses manifestations sur les places et voies publiques à travers des sit-in et marches pacifiques sur toute l’étendue du territoire nationale.

L’Opposition Républicaine appelle le Peuple de Guinée à rester mobilisé pour la défense de ses droits et l’assure de sa ferme volonté de lutter contre l’instauration d’un régime autocratique et de sa détermination à œuvrer pour l’avènement dans notre pays, d’une véritable ère de démocratie et de respect des Droits Humains.

Conakry, le 6 mars 2015.

 

 

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