Le Burkina Faso, pays des « hommes intègre » ! Cette appellation qui, on se le rappelle, était très révélatrice à la fois de l’idée de changement, mais aussi et surtout de la mise en place d’une société respectueuse des valeurs sociales et démocratiques.

Puisqu’il est quasiment impossible d’apprécier les comportements de tous les citoyens dans une République, il est quand même possible de se faire des idées sur un Chef d’Etat, en le considérant comme le spécimen le plus achevé d’une nation : « Chaque société a le chef qu’elle mérite », dit-on ! En fait, le Chef est l’incarnation de la nation, tout au moins dans une République.

Ainsi, que dire de Blaise Compaoré ? Blaise Compaoré n’est pas le premier Chef d’Etat à tenter la modification de la constitution pour se maintenir au pouvoir. Espérons qu’il en soit le dernier. Pourtant, la trivialité de la formule est très apparente : Modifier la constitution et mobiliser des partisans en s’appuyant sur une majorité construite à l’assemblée pour constituer un groupe de choc contre tout ce qui pourrait venir à l’encontre de la stratégie.

Mais, agir ainsi, c’est sans compter la Fortuna, le caractère imprévisible des situations ouvertes à tous les retournements, comme le fait remarquer Machiavel dans « Le Prince ». Malheureusement, Blaise Compaoré, dans sa tentative, se heurte à l’ « esprit  du temps », l’Etat de droit,  à l’irréversible  « marche de l’histoire », la démocratie.

Pourtant, les leçons de notre histoire très récente sont largement suffisantes pour éclairer l’esprit de nos chefs.

Mieux, il existe des actes de Chefs d’Etat qui brillent par leur exemplarité. C’est le cas notamment de l’académicien Léopold Sédar Senghor, d’Abdou Diouf, de Mathieu Kérékou, d’A. Oumar Konaré ou de Me A. Wade. Autant dire que l’alternance est bien du domaine des possibles. Il suffit d’avoir l’âme de chef, « une grande âme » : « Le corps s’en va et l’âme reste » ; et « l’âme, c’est l’œuvre accomplie ».

Cette idée de Blaise Pascal est-elle valable à notre époque ? « Quelque grand que soit un monarque, il reste quelque chose à sa grandeur, s’il n’a pas la prééminence de l’esprit … »

Pourtant, l’implication de la communauté internationale et  les efforts qu’elle déploie pour le triomphe de l’Etat de droit et de la démocratie doivent motiver nos chefs et encourager l’alternance au pouvoir politique.

Eh oui ! « Il n’y a que Dieu qui puisse être Tout-Puissant sans danger », indiquait Alexis de Tocqueville. Bien évidemment, ceci est plus vrai pour Jean Bedel Bokassa que pour Blaise Compaoré.

Younoussa Camara, Sociologue politique

655-52-01-28 664-26-86-64

 Camarayounouss2@gmail.com