Après avoir bénéficié de la formation  » YALI » (Young African Leaders Initiative), aux États-Unis, un programme initié par le président Barack Obama, Fatoumata Bangaly Barry, jeune femme leader guinéenne, entend œuvrer dans le cadre de la promotion de l’alphabétisation des jeunes filles. Lors d’un échange, ce mercredi 21 septembre, à Kaloum, en dévoilant son plan d’action, elle se dit très préoccupée par l’éducation de la jeune fille. Aussi, elle consacrera la semaine prochaine à des séances de sensibilisation dans sa communauté. Pour Madame Fatoumata Bangaly Barry, aujourd’hui, « il est de mon devoir, en tant que jeune leader de la société civile, de sensibiliser les parents en les informant des avantages qu’une fille peut tirer de l’instruction. Mais également leur rappeler le rôle et la responsabilité qu’ils ont dans l’éducation de leurs enfants ; notamment les jeunes filles. Je suis sidérée d’apprendre que dans les milieux ruraux, la scolarisation de la jeune n’est pas restée un combat. Alors, tous ces aspects m’exhortent à mener durablement la campagne de sensibilisation, afin d’attirer l’attention des parents sur l’éducation de leurs filles », a-t-elle précisé. Poursuivant, elle souligne que « certaines jeunes filles sont parfois privées de leur droit fondamental ; notamment l’accès à la formation. Et sous le poids de la tradition, la plupart d’elles sont poussées au mariage à bas âge, qui constitue d’ailleurs l’un des facteurs de démotivation menant à l’abandon de leur formation. Alors, il faut sensibiliser les parents sur l’ensemble de ces points, afin qu’ils s’investissent surtout dans l’éducation de la jeune fille. Dans certains foyers, avec la mauvaise conception de la polygamie, on considère ces filles comme une réelle source de richesse, alors qu’elles ont droit à l’instruction, en tant qu’enfant ».

D’autre part, lutter pour l’égalité des sexes figure en bonne place dans l’agenda de Fatoumata Barry. Ainsi, elle déplore le fait que « les filles sont victimes de multiples inégalités dans des nombreux foyers en Guinée. Ce sont elles qui assistent leurs mamans à faire l’ensemble des travaux difficiles à la maison. Pourtant, étant des jeunes, elles doivent avoir les mêmes privilèges que les jeunes garçons qui apparemment ne font rien à cet âge. Mon combat d’ailleurs s’accentuera beaucoup sur ce point, c’est-à-dire rappeler aux mamans de ne pas reposer toutes leurs charges sur leurs filles, en leur accordant plus d’espace vital, afin qu’elles puissent s’adonner à leur formation ». Et d’ajouter « psychologiquement, les filles sont préparées à être dépendantes des hommes dès l’enfance. Quand un parent encourage son garçon à travailler dur, en affaiblissant la fille, c’est une manière de la maintenir sous la dépendance de son homme, et c’est ce qui n’est pas évident. Alors, il faudrait qu’on sensibilise les parents, en leur disant que c’est en s’investissant mieux dans la formation de la jeune fille que celle-ci sera à l’abri des différents maux sociaux, notamment la prostitution. Donc, c’est par amour pour l’émancipation de la jeune que je souhaite mener durant toute la semaine qui vient ces séances de sensibilisation auprès de certaines familles de ma communauté ».

Ismaël Sylla pour guinee7.com