Les Conakrykas qui avaient pensé leur problème de transport fini avec la mise en service du train de banlieue, Conakry-Express, sont à ce jour très désappointés. Et pour cause. Depuis la déclaration de l’existence de la fièvre Ébola dans notre pays, les exploitants chinois du train l’ont garé. Sans crier gare. Laissant ainsi à quai, en moyenne trois mille passagers par jour qui se déplaçaient entre la presqu’île de Kaloum et la banlieue de Conakry.

Selon un cadre de la direction générale des chemins de fer de Guinée ayant requis l’anonymat: ‘‘C’est la C.I.F (China Investment Fund) qui a décidé de l’immobilisation du train. Son représentant résident à Conakry nous a dit que l’ordre lui a été donné de Pékin. Cette décision nous a créée assez de problèmes dont le paiement du salaire du personnel guinéen qui y travaillait (vendeurs de tickets, contrôleurs à bord, nettoyeurs et autres). Pour y faire face, nous avons été obligés de demander à nos locataires (entreprises ayant louées des bureaux dans l’enceinte de la direction générale des chemins de fer, NDLR) une avance sur le loyer’’.

Par ailleurs, notre interlocuteur rappelle que ‘‘le train est la propriété de C.I.F, donc pour les Chinois. C’est pendant la transition militaire sous l’égide du général Sékouba Konaté qu’il a été mis en service. Mais à l’arrivée du président Alpha Condé à la tête de l’état, beaucoup de conventions signées au nom de l’état guinéen, à cette époque, ont été gelées dont celle de l’exploitation dudit train. Nous ne savons pas quand est-ce qu’il reprendra service, cela pèse lourd sur nous. Nous espérons que ça reprendra’’.

Il faut rappeler que la plupart des entreprises chinoises opérant actuellement dans notre pays sont en arrêt d’activité depuis l’apparition de la fièvre ébola.

En attendant les passagers du train Conakry-Express triment pour joindre les deux bouts. ‘‘Ce train nous arrangeait beaucoup étant logé à Kagbélén et travaillant à Madina, je voyageais confortablement assis moyennant deux mille francs guinéens à aller et au retour. Cela me faisait une petite économie si je devais emprunter un taxi tous les jours pour le même’’, nous a dit Diallo Mamadou Ciré, étalagiste au marché M’ballia de Madina.

Séraphin kantambadouno, instituteur ordinaire résident à kéitaya, renchérit : ‘‘Ce train me permettait de faire des économies en argent et en temps, car avec lui il n’y a pas d’embouteillages. J’arrivais à temps à mon lieu de travail situé au quartier koloma. C’est vraiment regrettable.’’

Bayo Ibrahima Kalil

 

 

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