La seconde plus grande ville de Corée du Sud située au sud du pays se lance dans une entreprise ambitieuse : mettre en place un organisme collaboratif pour encourager la coopération et les partenariats mondiaux dans le domaine de l’air pur, l’énergie et la croissance durable dans le cadre de sa candidature pour accueillir l’Exposition universelle en 2030. Sous son slogan « Transformer notre monde, naviguer vers un avenir meilleur », la feuille de route de Busan appelle à une coordination approfondie entre les États participants, les invitant à explorer les voies qui aideront à tracer un avenir durable pour le développement et la prospérité des pays, des entreprises proactives et des innovateurs qui cherchent à ouvrir la voie aux générations futures.

Renaître de ses cendres
La Corée du Sud a très bien connu le dilemme auquel sont confrontés à la fois les pays en développement et les pays avancés, car c’est le seul pays au monde qui a réussi à se relever des décombres de la guerre pour arriver à son statut actuel en tant que puissance économique, commerciale et technologique en moins de 70 ans. Alors que les gouvernements du monde entier se demandent s’il faut tourner le dos au libre-échange et avoir recours au protectionnisme, la Corée du Sud, en particulier Busan, comprend les avantages de tisser des partenariats avec d’autres pays afin d’aller vers un avenir plus durable et plus prospère. Avec une riche histoire qui remonte à environ deux millénaires, Busan a servi de capitale temporaire pour la Corée du Sud pendant plus de 1 000 jours lors de la guerre de Corée, abritant la plupart des réfugiés du pays pendant un conflit.
Les forces des Nations Unies ont mené des batailles dévastatrices pour protéger le périmètre de la ville, la dernière ligne de défense de la guerre, afin d’assurer le débarquement de ravitaillements et de renforts dans la ville portuaire du sud-est venant de 33 pays, dont 22 d’entre eux, y compris la France, avaient envoyé leurs armées alliées constituées de près de 370 000 soldats. Avec une population de plus de 3,4 millions d’habitants, Busan est habituée à accueillir de grands événements internationaux. Elle abrite le plus grand festival de cinéma d’Asie, le Festival international du film de Busan (BIFF), qui fêtera son 35e anniversaire en 2030. La ville a accueilli les Jeux asiatiques de 2002 et a également été l’une des villes hôtes de la Coupe du monde de football en 2002 et le site du sommet ASEAN-Corée en 2019. Ses épreuves et ses triomphes ont contribué à pousser l’économie du pays à atteindre un PIB nominal de 1,66 milliard de dollars l’année dernière, contre 41 millions juste après la guerre en 1953.

Une croissance durable
L’Exposition universelle de 2030 marquera un moment décisif pour la communauté internationale. L’année 2030 sera le 10e anniversaire de la pandémie du Covid-19 et à la fois la première exposition de son organisateur, le Bureau international des expositions (BIE), après avoir célébré le 100e anniversaire depuis sa fondation en 1928. Busan est pleinement consciente des défis auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui.
En tant que pays hôte de deux expositions précédentes à Daejeon en 1993 et à Yeosu en 2012, la Corée du Sud a mis en lumière des avancées technologiques. En revanche, l’Exposition universelle qui se tiendra dans le futur se concentrera très probablement sur la tâche de rassembler les pays, les sociétés et les communautés pour résoudre certains des problèmes les plus difficiles de l’humanité, tels que la réduction de l’écart économique entre les riches et les pauvres, la transition technologique et le changement climatique. Busan et la Corée du Sud ont réussi à transformer les crises en opportunités. Il est vrai que la pandémie a fait des ravages dans notre vie quotidienne, nos secteurs d’activité et l’économie dans son ensemble, elle a cependant accéléré la transition numérique du pays et rationalisé les réseaux de communication, la performance au travail et la logistique. La ville de Busan se rend compte que les objectifs qu’elle s’est fixés sont ambitieux mais pas impossibles. Elle a déjà fait face à des défis dans le passé et est prête à en relever davantage dans le futur afin d’assurer un avenir meilleur, plus brillant et plus durable pour les générations futures.
Le comité de candidature de Busan World Expo 2030 vise à offrir une vision à l’humanité pour relever certains de ses défis les plus importants d’aujourd’hui : le changement climatique ; la transition numérique ; et la polarisation socio-économique. La clé pour atteindre ces objectifs apparemment audacieux est de se concentrer sur des solutions qui permettront au monde de mieux prendre soin les uns des autres, ainsi le gouvernement sud-coréen et son secteur privé se sont unis dans l’effort afin de mener cette entreprise sur leur territoire.

« La Corée a surmonté la guerre, la pauvreté et d’autres défis difficiles pour devenir la dixième puissance économique mondiale. Nous, les Coréens, avons réussi à y parvenir en nous focalisant sur l’éducation, l’innovation et la coopération mondiale », a dit le Premier ministre Han Duck-soo. « Nous aimerions partager notre expérience avec les pays membres dans l’espoir que nous pourrons aider à éclairer la voie à suivre pour tous », a-t-il affirmé. Chey Tae-won, président du groupe SK et co-président du comité de candidature sud-coréen représentant le secteur privé, souligne que l’Exposition universelle de Busan 2030 abordera certains des défis les plus difficiles au monde et offrira aux pays l’opportunité de partager leurs expériences et de rechercher ensemble des solutions. « Aucun pays ne peut s’attaquer seul au changement climatique et à d’autres défis mondiaux », a indiqué Chey, qui est également président de la Chambre coréenne du commerce et de l’industrie (KCCI).
« Ce n’est que lorsque les gouvernements, les entreprises et les sociétés dans son ensemble se mobiliseront que nous pourrons faire la différence », a-t-il ajouté.

 Kady Esther