La semaine dernière a été notamment marquée par les noces managériales que s’est offertes le PDG de GuiCoPress, à Paris. Histoire de se faire reluquer au près de nos élites. Tout cela est-il sérieux ?

Le week-end dernier, Kerfalla Camara, PDG du groupe GuiCoPress, était en noces managériales du côté de Paris, à l’hôtel Méridien, où un dîner gala avait réuni quelques têtes africaines. Dans une certaine presse, on a évoqué le sacre du meilleur manager africain de l’année 2014. Par le Conseil dit international des managers africains (Cima).

L’on se rappelle qu’en août de cette année, KPC a reçu (pour rester dans le jargon consacré) un autre prix à Abidjan, en l’occurrence le “Mécène d’Or”. Faut-il rappeler que tous ces prix s’achètent et ne se donnent pas comme une aumône ? Sans compter que les frais de l’organisation des rencontres sont entièrement à la charge du supposé bénéficiaire.

Pour ainsi dire, le PDG de GuiCoPress se démène actuellement comme un beau diable pour revenir dans les grâces du président Alpha Condé. Ses activités ayant été gelées dès l’avènement du Pr à la tête de l’Etat. Il a fallu beaucoup de gymnastique pour desserrer l’étau autour de lui.

A chaque fois qu’il s’offre un tel luxe, comme à Abidjan en août dernier, KPC a dédié son médaillon à Monsieur le président de la République de Guinée, qu’il considère comme « initiateur de l‘ouverture sur le monde de la Guinée », « un homme d’Etat » dont KPC dit rester « surtout reconnaissant pour ses sages conseils toujours utiles à l’émancipation d’une entreprise –GuiCoPress- particulièrement ambitieuse ».

Cette fois-là encore, KPC a dédié ce prix, qualifié par la presse alimentaire de « prix hautement apprécié dans le monde du business africain », « à ses collègues, à sa famille, au peuple de Guinée qui fait face avec dignité à l’épidémie Ebola, au Syli national qui s’est qualifié pour la CAN » et « enfin » « au président Alpha Condé qui, selon lui, a réussi à faciliter un climat d’affaire apaisé pour les investisseurs ». Toute la motivation de s’offrir ce genre de distinction est donc là, le symbole de la démagogie aussi.

Les différents prix qu’il s’offre, l’invitation de la vedette de musique planétaire Akon (qui s’est trémoussé devant le président à Kassa), les publicités de GuiCoPress sur canal+, à coup de centaines de milliers de dollars, ne sont destinés qu’à attirer l’attention du chef de l’Etat guinéen et s’y faire plaire, auquel KPC veut se coller comme une sangsue.

Tout de même, l’Afrique regorge de managers honnêtes, qui ont acquis des fortunes à la sueur de leur front, et qui n’ont pas besoin de parasiter un président pour se tailler des contrats juteux et se faire les poches pleines. Alors, KPC veut tromper qui ?

Mory Diakité in L’Indépendant, partenaire de guinee7.com

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