Parents pauvres des arts en Guinée, les arts plastiques méritaient bien que quelque chose soit fait pour les sortir de la mauvaise passe dans laquelle ils se trouvent dans ce pays. Depuis le lancement de sa première édition, en 2013, le concours dénommé TPAC s’est vu pris au sérieux par tous les artistes guinéens, notamment les plasticiens qui trouvent enfin là le moyen de faire connaitre leurs œuvres.

La fondatrice du Petit Musée, initiateur du TPAC, Mme Raliatou Tamsir Niane Fifi, elle-même artiste, a pour ambition de faire de cet événement le plus grand rendez-vous des arts plastiques en Guinée. Pour ce faire, elle s’est tournée vers l’institution bancaire la Bicigui pour créer le TPAC doté du « Grand Prix BICIGUI, Amie des Arts ». Ainsi, la banque a soutenu toutes les actions du Petit Musée dans ce cadre ; chose rare sinon unique en Guinée. En effet, la Bicigui accompagne le TPAC en tant que mécène et non en tant que sponsor. Précision très importante, quand on sait que pour la banque cette activité entre dans le cadre de sa responsabilité sociétale et environnementale (RSE). C’est une action citoyenne qui lui permet de s’engager dans des projets sans but directement lucratif, mais qui lui donne assurément une meilleure image au sein de la société.

Plus de cinquante millions ont été distribués aux lauréats de chacune des deux premières éditions et il en sera de même pour la troisième dont le thème est « Un Livre-objet : Le livre de la Ville de Conakry ». Ce thème a été choisi par les organisateurs pour cadrer avec le choix par l’Unesco de « Conakry, capitale mondiale du livre – 2017 » piloté par l’éditeur Sansy Kaba, directeur des Editions L’Harmattan – Guinée et commissaire de l’événement. Comme les éditions précédentes, le TPAC a le soutien du gouvernement guinéen, à travers les ministères de la Culture, de la Jeunesse, le l’Enseignement supérieur etc. L’édition  2015 avait été rehaussée par la présence du président de la République lors de la remise des trophées ; symbolisant ainsi l’implication des plus hautes autorités dans le soutien à cet événement majeur qui se veut les Palmes académiques en Guinée. Les plasticiens s’en félicitent et c’est pourquoi, cette année lors de la cérémonie de lancement du TPAC, le Petit Musée a été pris d’assaut par les artistes et les journalistes. Le thème a été longuement expliqué aux candidats qui ont montré tout leur intérêt à ce concours. Mme Isabelle Dalmau Buchetton salue cette mobilisation des artistes, « cela augure une belle moisson d’œuvres cette année et c’est tant lieux pour l’exposition qui sera organisée à cette occasion. L’année dernière, nous avons voulu marquer la mobilisation des artistes dans la lutte contre Ebola, et c’est la photographie qui a été choisie comme discipline avec comme thème ‘’Tous Unis contre Ebola’’. Cela a été bien accueilli. Nous avons même dédié un prix à feu Marcel Rudasingwa, le représentant du secrétaire général des Nations unies pour Ebola en Guinée, décédé en mission en Guinée. Nous avons aussi félicité les guéris d’Ebola auxquels on a remis un prix spécial. »

Le concours TPAC 2016 sera donc d’une autre dimension, puisque l’on renoue avec les arts plastiques dans toutes leurs diversités. De la peinture à la maroquinerie en passant par le stylisme, la sculpture et la poterie etc. Il s’agit d’exprimer, représenter, panser, penser, oser, délirer, créer et vivre le livre. C’est l’action artistique phare en lien avec l’événement « Conakry, capitale mondiale du livre – 2017 », pour véhiculer un message éducatif fort pour la modernité de l’environnement plus en adéquation avec la jeunesse et pour montrer le caractère contemporain dans la création.

L’appel est donc lancé à tous les créateurs pour participer à ce concours qui prend de plus en plus d’importance dans l’espace culturel guinéen et pourquoi pas africain.

Daouda Tamsir Niane

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