Mody Oury Moringa Diallo, président de la Fédération guinéenne des promoteurs de la filière moringa. Il est membre fondateur du conseil national des organisateurs de la société civile guinéenne. Avec lui, nous sommes revenus sur la COP22 de Marrakech, au Maroc.

Vous venez de prendre part à la COP22 au Maroc. Dites-nous la structure que vous avez représentée à ce forum?

Mody Oury Moringa Diallo : J’étais-là au compte de ma propre structure qui est la Fédération guinéenne des promoteurs de la filière moringa.

Avez-vous eu l’occasion d’animer une plateforme ?

Il faut dire à l’entame que notre initiative a été l’initiative phare de la COP22. Elle est allée au-delà de notre structure, à travers cette action nous avons imprimé l’image du pays. Le vendredi 11, onzième mois à 11h à la zone verte en partenariat avec l’alliance marocaine pour le climat et le développement durable, nous avons fait observer à l’endroit de toute l’humanité une minute de silence à la mémoire des êtres vivants de la faune et de la flore sauvage ayant perdu leurs vies par mort naturelle, occasionnelle ou criminelle. Nous avons saisi  cette opportunité également pour lancer un plaidoyer international à l’endroit du président de la République de Guinée, le Professeur Alpha Condé, qui  assume la coordination des énergies renouvelables en Afrique. Egalement, nous avons lancé un plaidoyer au Roi Mohamed VI du Maroc pour que cette initiative puisse voir le jour aux Nations Unies pour qu’une  journée des espèces vivantes soit institutionnalisée. Nous avons également réitéré que cette journée soit le point de départ du programme d’engagement de la communauté pour le reboisement de la planète bâti sur la loi Fria du feu président Ahmed Sékou Touré. Il convient de rappeler que bien avant nous avons écrit une lettre au président de la République, le professeur Alpha Condé qui nous répondu favorablement.

Que peut-on savoir des articulations de cette loi de Fria?

Le feu président Ahmed Sékou Touré avait initié qu’à chaque mariage ou baptême qu’un arbre soit planté. Mais cette loi n’a pas été suivie pratiquement durant les 24 années de son règne. Aujourd’hui, le changement climatique est d’actualité. Et donc nous avons plaidé auprès du professeur Alpha Condé que désormais, que l’investiture d’un président de la République soit subordonnée à planter un arbre. Que tous ceux qui bénéficieront des décrets présidentiels ou des arrêtés ministériels puissent planter des arbres. On a bien d’autres initiatives. Aujourd’hui, nous sommes détenteurs du plus grand outil de la promotion de l’environnement et de la prévention du changement climatique.

Quel est cet outil ?

C’est le programme intégré dans la communication mondiale que nous avons bâti derrière ‘’une minute’’ de silence à la mémoire des espèces vivantes de la faune et de la flore sauvage. Désormais cet outil est censé sensibiliser ces foyers du grand public, à travers la minute de silence.

Le public vous connait certainement  pour la promotion de la filière moringa. Avez-vous eu l’occasion de parler de cette plante à ce forum?

Tout à fait, nous avons réitéré la nécessité, bien qu’un groupe qui s’était arrogé le prix Ban Ki Moon à l’occasion de la COP21. Mais qui ne sachant ni la tête ni les pieds de la chose.

Ce groupe venait d’où ?

De Conakry, ledit groupe avait concocté un « coup d’Etat » au sommet de la planète. Mais qui aujourd’hui, nous avons récupéré parce que le président de la République nous a répondu favorablement, que la campagne 2017 sera mise à profit, pour non seulement reboiser mais aussi mener une campagne agricole dans l’optique de créer des emplois et de la recherche par rapport à la culture de l’espèce moringa.

Nous savons que moringa n’est pas seulement produit en Guinée. Est-ce que vous avez des attaches dans d’autres pays ?

Nous avons fait pratiquement le tour de l’Afrique, nous avons enseigné le moringa en Côte d’Ivoire, au Bénin… les Ivoiriens c’est en 2013 qu’ils ont pris en compte cette filière. Eux, c’est sur l’hévéa, le café et le cacao qu’ils se sont basés surtout. Dans la culture du moringa, ils nous ont devancés parce qu’ils  bénéficient des accompagnements de la part de leur gouvernement. Ils en cultivent à grande échelle, ils ont réussi à la transformer, à créer des emplois, à promouvoir la santé mais aussi à promouvoir l’environnement, parce que le moringa comme vous le savez, c’est l’une des plantes les plus pérennes, il peut avoir une longévité d’un siècle.

Dans le domaine médical?

Oui, rien que les feuilles peuvent traiter plus de 300 maladies  sans parler des écorces ou les racines …

Êtes-vous en contact avec certains chercheurs de la place ?

Bien sûr, en 2002 nous avons intégré le moringa au sein du département pharmacie de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, à travers le professeur agrégé Mamadou Aliou Baldé. Qui incarne le gotha scientifique en République de Guinée. Lui aussi (rire) ne connaissait pas c’est quoi le moringa. Je l’ai rencontré à domicile, alors vu la pertinence, il m’a invité à l’université parce qu’il avait souhaité que ses collègues m’écoutent aussi. Ils m’ont écouté et depuis on a scellé une convention de partenariat entre le centre de recherche de la gestion des plantes de Dubreka et l’université. Aujourd’hui, il y a une quinzaine de diplômés qui ont soutenu sur la filière moringa. Mais aussi le professeur Baldé a mis au point des gélules à base de moringa. Mais par faute de moyens, de vulgarisation à vaste échelle la production de ces gélules est très limitée. Sinon, on aurait fini par couvrir l’ensemble des pharmacies du pays.

Vous voulez dire que l’accompagnement manque?

Oui, il y a un manque d’accompagnement politique. Au temps du général Lansana Conté, il n’y a pas une porte qu’on n’a pas frappée. Mais ils sont restés indifférents, c’est la mamaya qui les préoccupait, distribuer des ressources inutilement. Mais avec l’actuel président de la République, ce dernier a réagi favorablement à notre requête.

Etes-vous parvenu à publier le « Moringa » dans les grandes revues internationales?

Bien sûr, je l’ai véhiculé. A la COP22, j’étais au présidium par rapport aux emplois verts. J’étais avec un partenaire financier de l’Australie, une marocaine qui est la présidente d’une autre organisation des emplois verts. Mais aussi, on était avec quatre Marocains et deux Français. Nous avons vraiment attiré l’opinion internationale sur la préservation de l’environnement. On a profité de l’occasion en octroyant aussi un prix dénommé : prix du partenariat Maroc-Guinée. C’était un prix qui récompensait l’alliance marocaine pour le climat et le développement. C’est grâce à elle que l’activité a pu avoir lieu. Sinon certains cadres véreux du ministère de l’Environnement voulaient nous décourager. Ils avaient carrément dit que portes et fenêtres des initiatives de la COP22 étaient fermées. Mais à Marrakech, ils étaient surpris de voir (rire) que c’est notre activité phare qui avait réuni toute la communauté internationale. On était un monde de 15 000 à 20 000 personnes. Un autre élément remarquable c’est quand le président de la République, le professeur Alpha Condé a obtenu le prix de la planète des mains de la présidente de la COP21, Ségolène Royal. Nous avons été heureux de voir tous les dirigeants de la planète venir remercier le professeur Alpha Condé. Autre chose lorsque Ségolène Royal a réitéré que tous les projets seront soumis à deux personnalités : le Professeur Alpha Condé et le président de la Banque africaine de développement. Cela aussi a été pour nous un plaisir, parce qu’on s’est dit en termes d’accès on pourra avoir plus de chance (rire). Le dernier  élément c’est quand le président de la République est venu au stand et il nous a demandé : qu’est-ce qu’on a pu faire à la COP22. Madame la ministre de l’Environnement  lui a fait savoir mon initiative, devant le président de la République. Encore une fois de plus cela m’enchante du fait qu’on n’est pas allé se promener là-bas.

Entretien réalisé par Richard TAMONE in Le Démocrate                    

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