Mori Diané est vice-président exécutif de Amex International, INC. Il est bien connu de la communauté guinéenne des USA mais aussi du milieu des affaires en général dans ce pays. Nous l’avons rencontré à Washington en marge du sommet USA/Afrique. A bâton rompu.

Quelle lecture faites-vous du forum USA/Afrique ?

Mori Diané : C’est vrai que je ne participe pas directement au forum. Mais je trouve que c’est une idée superbe dans la mesure où moi je vis ici depuis plusieurs années, je suis conscient des potentialités qui existent dans ce pays et ce que ces potentialités peuvent faire pour un pays tel que la Guinée du point de vue technologie ; la gestion des entreprises ; du point de vue du capital qui existe, je crois que c’est une rencontre qui est très utile au contexte africain. Surtout que nous vivons une période où il y a un revirement des intérêts des capitaux, nous avons connu des périodes où les intérêts se situaient vers l’Asie, l’Amérique du sud. Maintenant il semble que la plupart du monde capital de l’investissement réalise que l’Afrique à des possibilités d’investissement et beaucoup de rentabilité, parmi les plus élevés du monde. C’est un continent qui n’a pas exploité la majeure partie de ses ressources. Finalement le monde se rend compte de l’utilité de l’Afrique sur ce domaine.

J’espère que les pays africains eux même vont jouer leur rôle et d’assurer que les citoyens des 2 parties participent à cette explosion économique pour ne pas que ça soit un transfert de ressource de l’Afrique vers l’occident. Il faut que l’Afrique participe  à l’exploitation, à la transformation, la  commercialisation des ressources pour que les revenus et les bénéfices restent en Afrique.

Pensez-vous que les USA peuvent jouer un rôle important dans le développement de la Guinée, ils sont moins présents dans ce pays ?

Je pense que les Etats-Unis jouent déjà un rôle important à travers Alcoa qui est à CBG, l’une des plus grandes entités en Guinée. Les compagnies grandissent de par le monde même une compagnie dite Vale qui est brésilienne à des investisseurs  de chine, même d’Afrique donc ce n’est pas ça qui est important. Effectivement y a de grandes sociétés minières dans ce pays qui n’ont pas exprimé d’intérêts par rapport  à la Guinée particulièrement mais auxquelles on devrait ouvrir les portes, je pense que le problème ne se situe pas à ce niveau. Le problème, il faut le regarder du coté de la Guinée. Et se poser cette question : comment la Guinée arrange les partenariats  avec les compagnies étrangères qui viennent pour s’assurer que le pays en profite ?

Selon vous la Guinée arrange comment ses partenariats?

Je ne porte pas un jugement particulier à la façon dont les partenariats sont ficelés, je suggère que dans le futur, qu’on prenne des précautions. Quand je me réfère à la CBG,  c’est un  contrat négocié depuis près de 60 ans. On est en train d’évoluer sur le même schéma je crois qu’il est imminent de revoir ce genre de schéma.

J’ai l’impression que les colons n’ont pas encore quitté l’Afrique, particulièrement la Guinée. Avant c’était un colonialisme souverain tel que la France, ils exploitaient les ressources, ils construisent les infrastructures routières qui servaient exclusivement à exploiter ce minerai. Maintenant c’est un colonialisme de corporation où c’est des compagnies étrangères qui font exactement la même chose. Leur souci principal c’est de construire de chemin de fer, les routes qui favorisent l’exploitation de nos réserves alors qu’aujourd’hui  au 21ème siècle si vous regardez les pays qui ont connu un taux de croissance manifeste comme le Brésil, l’Indonésie, c’est parce que la politique de ces pays ne s’est pas limitée à l’exploitation brute des ressources.

On se soucie maintenant de la transformation dans le pays, créer l’emploi pour diversifier les capacités financières pour qu’en amont on puisse encourager des entrepreneurs locaux à pouvoir utiliser le produit de cette transformation pour faire des matières de consommation. Et le plus important de ça, c’est que l’Etat peut profiter de tous ces stades là de la fiscalité qui est attachée à toutes ces opérations pour avoir suffisamment de ressources et construire les infrastructures de bases telles que les routes, l’électricité, etc.

Vous êtes intéressés par des projets en Guinée, ce sera dans quel domaine?

Ça peut être dans tous les domaines : agricoles, transport, etc. J’ai toujours eu mon cœur en Guinée et je fais suivre ce cœur d’intérêts commerciaux. Je suis un homme d’affaires, je suis toujours impliqué dans le business en Guinée.

                             Interview de Ibrahima S. Traoré, envoyé spécial à Washington