Depuis la faillite de la Banque africaine pour le développement agricole et minier (BADAM), les clients sont sous le choc. Après trois ans, ils ne sont toujours pas entrés en possession de leur argent, et ce malgré les multiples actions menées en ce sens.

Mais l’Association guinéenne des usagers des banques (AGUB), ne compte pas baisser les bras. Après les multiples dénonciations, cette organisation a créé, le 24 juin dernier, un comité de soutien aux victimes de la faillite de la BADAM.

Ce comité met la pression pour que les victimes soient rétablies dans leurs droits. C’est dans cette optique qu’il organise une semaine de plaidoyer. C’est le lundi 21 juillet que cette action a démarré à Conakry.

Conduits par le président de l’AGUB, Lansana Diawara, des membres du comité de soutien issus des organisations de la société civile, de presse, se sont rendus au ministère de l’Economie et des Finances, à la Primature, à la Présidence de la République et à la Banque centrale, pour déposer des courriers de plaidoyer. Et si ce plaidoyer n’aboutit pas à la satisfaction du comité, les victimes et leur soutien seront dans la rue pour se faire entendre.

« […] On s’est dit qu’avant toute manifestation il est important qu’on fasse des lettres de plaidoyer, à une cinquantaine d’acteurs, des institutions nationales et internationales. Cette semaine de plaidoyer commence aujourd’hui », a dit le président de l’AGUB.

Poursuivant son intervention, M. Lansana Diawara a affirmé que ce sont des «cadres véreux et corrompus qui ont mis cette banque sur les carreaux ».

Pour sa part, Moussa Sacko, président des victimes de la BADAM et vice-président de l’AGUB, le président de la République a commis une ‘’grosse erreur’’ : «Nous sommes meurtris et frustrés par cette grâce du président de la République. Le président a fait une grosse erreur en relâchant l’administrateur de la BADAM. C’est ce qui a mis le feu aux poudres. A l’heure actuelle nous sommes indignés. Et ça fait deux ans depuis qu’il est relâché, nous ne trouvons aucune alternative pour avoir notre argent. »

Quant à Moussa Iboun Conté, membre du comité de soutien, la BCRG est ‘’responsable’’ de ce qui est arrivé aux clients de la BADAM. Car, selon lui, elle a permis au fondateur de la BADAM d’avoir un agrément en ‘’violation’’ des textes de loi en la matière. Il a dénoncé le fait que la BADAM a été créée alors qu’elle n’avait pas le capital social requis pour ouvrir un établissement bancaire. Au lieu de 50 milliards comme capital social minimum prévu par la loi, la BADAM n’aurait que 10 milliards. C’est ce qui aurait causé sa faillite très tôt, selon M. Iboun. Et c’est pour cette raison il accuse la BCRG d’en être responsable, surtout qu’elle avait été condamnée par la justice.
« Nous voudrions que les acteurs qui sont impliqués dans la faillite de la Badam soient mis devant leurs responsabilités. Il y a un jugement. La Banque centrale a été condamnée à travers le jugement 025 du TPI de Kaloum. Nous voudrions que ce jugement soit exécuté et que la responsabilité de la Banque centrale dans cette affaire soit située », a affirmé Moussa Iboun Conté.

Il faut rappeler qu’à la suite de cette faillite de la BADAM en 2011, certains clients, très traumatisés par le choc, se seraient suicidés.

In Mediaguinee

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