L’éducation n’est pas passée inaperçue, ce mercredi 12 décembre, lors de la conférence de presse animée par le président de l’Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré,  qui a, dans son intervention, fustigé cette crise qui gangrène le secteur éducatif guinéen en donnant son point de vue.

D’emblée, il affirme : « L’école est une question essentielle, extrêmement importante ; sans l’école, vous ne pouvez pas aspirer à un développement durable, à un développement dans le temps. Les enfants que vous formez aujourd’hui, sont ceux qui doivent être responsables demain ».

Plus loin, il ajoute : « Ce n’est même pas une question de négociation ; oui faut négocier, mais faut reprendre le problème éducatif en Guinée avec beaucoup plus de sérieux, avec beaucoup plus de moyens, avec beaucoup plus d’intention de formation des maîtres, à plus forte raison de formation des élèves et empêcher de nous retrouver dans des situations, de ni école, il y a école, il n’y a pas école, ainsi de suite, qui ne nous serviront à rien du tout. De grâce, je suis pour qu’un dialogue s’installe, je suis pour qu’on prenne à bras le corps ce système éducatif. Dans un pays que je connais bien, ou moi-même j’ai fait mes études pendant trente ans, 30% du budget de fonctionnement du pouvoir est consacré à l’éducation ; il faut le faire, parce que c’est cela qui va nous amener de l’avant, c’est cela qui va nous permettre de prendre notre place ; sinon dans la sous-région et dans le monde, nous allons nous retrouver derrière. Arrêtons de rêver ».

« L’enseignement est la base de tout  ce qu’on est en train de dire. Vous voulez faire de l’agriculture, vous voulez faire de l’élevage, vous voulez faire l’électricité, des routes, il faut des gens éduqués pour ça. On ne doit pas s’amuser avec l’école. J’estime qu’on ne peut pas plaisanter avec cela, j’estime qu’on ne peut pas se mettre sur ses ergots, pour dire voilà s’il n’a pas fait ça, nous n’allons pas faire ceci ; et voilà, on est là depuis un mois et demi, deux mois, on  tourne en rond. C’est inadmissible ; je m’élève contre cela et j’ai absolument souhaité que le dialogue soit renoué depuis la première fois et la deuxième fois ; peut-être que les demandes peuvent paraître des fois complètement inacceptables. Mais autour d’une table, on trouve toujours la solution. On ne dit pas, ça n’a qu’à aller comme cela, les enfants, s’ils ne vont pas à l’école, tant pis, on va les remplacer par les vacataires ; si on se plaint déjà du niveau des maîtres qui sont là, mais qu’est-ce que c’est au niveau des vacataires qui arrivent. Quand je parle de ce sujet, je ne suis pas à l’aise (…) Il faut reconsidérer le problème de l’éducation, il faut le prendre au sérieux. Il faut donner les moyens. Quand on dit cela en Guinée, les gens pensent argent tout de suite. Non. Moyens humains, l’investissement à l’école, en repas », soutient-il.

Enfin, il propose : « Je suis pour qu’on reconsidère le problème du système éducatif, qu’on le prenne au sérieux, nous sommes déjà en retard, il ne faut pas se mentir. Quand vous écoutez les gens parler français, vous comprenez très bien de quoi il s’agit. Cette jeune fille malheureusement (celle qui a dit ‘’on à trop souffrance’’, ndlr), ce n’est pas de sa faute. Mais à ce niveau-là, je pense que si nous nous ne nous inquiétons pas de cela et si nous ne prenons pas cela comme étant le problème majeur que nous avons à résoudre et qu’on veuille le traiter comme les problèmes relationnels qu’il y a entre Paul et Pierre, nous sommes à côté de la plaque. Le développement ne se fera pas sans  l’éducation, il ne faut pas oublier cela. Ce n’est pas en vendant juste de la bauxite à des Chinois, ils l’achètent et s’en vont avec, sans que les Guinéens même ne voient, on ne peut pas régler le problème de la Guinée avec ça… »

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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