BANNIERE GUINEE MILLION VERSION
Censure

Makanera cherche désespérément à monnayer ‘‘Din Boré’’: Le parti de Dalein acheteur?

Le tonitruant ancien ministre de la Communication, Alhousseiny Makanéra KAKE, était ce mardi 2 février au siège de l’UFDG où il a rencontré et eu un long entretien avec Cellou Dalein DIALLO. Selon le site Guineematin qui rapporte la nouvelle, Makanéra aurait déclaré à sa sortie de l’audience : « Je ne suis plus ministre. Donc, je ne me fixe plus de limites. Je peux rencontrer qui je veux pour la bonne marche de notre pays ». A la question de savoir s’il compte rallier l’UFDG de Cellou Dalein DIALLO au détriment de son parti le RPG/Arc-En-Ciel, Makanéra déclare : « Je n’ai encore pas démissionné du RPG arc-en-ciel. Mais, je précise que je suis le président de ‘’Din Bôré’’. En tant que tel, je peux rencontrer qui je veux pour la bonne marche de la Guinée ». Pour les observateurs avertis, l’ancien ministre compte bien rallier l’UFDG avec son ‘’Din Bôré’’. Apparemment, il ne digère pas d’avoir été débarqué du gouvernement. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant qu’il fasse partie de ceux-là qui instrumentalisent les jeunes du RPG et les poussent à la fronde. Veut-il saborder son propre parti avant de rejoindre l’UFDG ? Rien n’est moins sûr. Cette sortie de Makanéra intervient à un moment où au sein du RPG/Arc-En-Ciel, certains le voyaient bien Gouverneur de Conakry à la place de feu Soriba Sorel Camara. Faut-il indiquer que le Gouvernorat de Conakry est revendiqué par les frondeurs du RPG ? En tout cas le militantisme de Makanéra au sein du RPG a vécu.

Militantisme où es-tu ? Telle est la question que l’on peut se poser à bien observer le comportement quotidien de nos «militants» des partis politiques. D’ailleurs l’étymologie du mot selon les lexiques permet-elle de «baptiser» ainsi cette horde ou cohorte d’individus souvent politiquement incultes comme Makanéra qui intègrent les partis ? En tout cas, selon le petit Larousse, le militant, c’est celui qui lutte, qui combat pour une idée, une opinion, un programme, un parti. Si cette définition est sans équivoque, alors un néologisme de création guinéenne serait nécessaire pour désigner nombre de nos «militants». L’opinion publique s’est déjà fait sa religion sur la question du militantisme d’où cette notion de «mangécratie» qu’elle a intégrée à son vocable et qui caractérise la vision qu’elle a du monde politique contemporain. Du reste, les acteurs-mêmes de ce monde ne jouent pas à l’autruche puisque le militantisme à la sauce du moment est devenu un phénomène qui force une place dans l’arbitrage du jeu politique. Des expressions du genre «Programme de développement personnel (PDP)» sont significatives à plus d’un titre. Alors, l’adhésion à un parti est souvent conditionnée par des questions de «feuilles» ou de postes. On adhère à un parti dans l’espoir de s’ouvrir des portes pour une vie meilleure. En réalité, la politique, pour les populations, a perdu ses lettres de noblesse, les responsables politiques étant loin d’être de bons exemples. Si le leader, par ses pratiques déloyales, souvent mafieuses et déroutantes n’honore pas le parti, qu’en sera-t-il des militants sur lesquels il faut compter ? Les militants de ‘’Din Bôré’’ doivent-ils comme des moutons de Panurge suivre aveuglement un homme qui se bâtit son paradis sur leur dos ?

Ils ne le disent pas ouvertement, mais beaucoup de nos leaders politiques créent leur parti ou mouvement dont ils font leur chose pour simplement élever leur côté «marchande» sur l’échiquier politique. Dans le cas précis de Makanéra, c’est son mouvement ‘’Din Bôré’’ qu’il met en avant.

Aux bouts des courses, l’objectif demeure la recherche de postes politiques ou administratifs dits «juteux». Ainsi, la lecture des ambitions des uns et des autres a édifié le «militant» qui n’entend plus militer pour rien. Les exemples foisonnent. Si l’argent et les postes n’expliquent pas le péril du militantisme politique dans notre pays, on comprend difficilement, le fait que pour un oui ou pour un non, pour n’avoir pas par exemple été retenu sur une liste électorale ou nommé à un poste, on décide de quitter son parti. Le «destin» qu’on veut se forger devient la monnaie d’échange pour son maintien au sein du parti.

C’est vrai, le militantisme politique est en péril. Mais il ne faudrait surtout pas perdre espoir au regard de la jeunesse de notre démocratie. L’éducation, la formation politique et civique doivent guider les partis politiques afin que la donne change. Ainsi, le temps viendra où l’on votera par conviction, le temps viendra où un tee-shirt ne pourra pas faire peser la balance, parce qu’il y aura des militants au sens noble du terme et parce que la politique aura retrouvé ses lettres. Pour cela, chacun doit convenablement jouer sa partition. Les partis politiques en premier lieu. La loi donne quitus aux formations politiques pour l’animation, la formation et l’éducation politique des citoyens. Cela compris et appliqué, la donne peut changer. Des efforts doivent donc être faits dans ce sens par les différents acteurs. «Il n’y a pas d’efforts inutiles, Sisyphe se faisait des muscles» disait Roger CAILLOIS. Sans efforts des différents acteurs pour que la donne change, pour que le militantisme politique ait vraiment un sens dans notre pays, on finira par croire avec Jean MISTLER que : «La politique est l’ensemble des procédés par lesquels des hommes sans prévoyance mènent des hommes sans mémoire». Les hommes politiques doivent donc œuvrer à ne pas lui donner raison.

Aboubacar Tamourah pour guinee7.com

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