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Culture : Nènè Rougui Baldé honorée pour sa contribution majeure à la musique guinéenne

Le Palais du Peuple a servi de cadre, dans la soirée de ce vendredi 2 janvier, à une cérémonie de reconnaissance dédiée à Nènè Rougui Baldé, patronne de Gris-Gris Productions, l’une des maisons de production musicale pionnières en Guinée. Une initiative saluant plusieurs décennies d’engagement en faveur de la promotion et de la valorisation de la culture nationale.

 

À cette occasion, la productrice a reçu des mains du ministre de la Culture et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, un satisfecit honorifique, un chèque de 30 000 dollars américains ainsi qu’une carte de prise en charge sanitaire à vie.

 

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités du monde culturel et politique, dont d’anciens ministres, notamment Justin Morel Junior et Fodéba Isto Keira.

 

Avant la remise officielle de la distinction, les Ballets Africains de Guinée, Djelikè Kouramadi, Ibro Diabaté et Lamah Sidibé, des artistes dont la carrière a été soutenue par Nènè Rougui Baldé, ont livré des prestations artistiques en son honneur. À travers leurs prestations, ils ont tenu à saluer celle qui a largement contribué à leur succès et, plus largement, au rayonnement de la musique guinéenne.

 

Visiblement émue, Dame Nènè Rougui Baldé a exprimé sa gratitude en des termes simples : « il faut remercier l’autorité et remercier Allah de m’avoir donner la chance d’être là aujourd’hui et célébrer ce jour. »

 

Prenant la parole, le ministre de la Culture et de l’Artisanat a, pour sa part, tenu à souligner le rôle déterminant joué par la bénéficiaire de cette distinction, tout en remerciant le chef de l’État. « Je remercie le Président de la République, Mamadi Doumbouya qui a permis que cette soirée de reconnaissance en l’honneur de notre maman Hadja Rougui Baldé se tienne. C’est une reconnaissance qui est mérité. Cette maman a pris de son épargne, elle a pris des millions de francs CFA pour soetir de l’ombre, des artistes qui ont fait des albums, qui sont devenus aujourd’hui des tubes, des légendes. Cette mère s’est sacrifiée quelques fois avec des moyens qu’elle n’avait pas pour que des artistes qui font la fierté de la musique guinéenne émerge », a-t-il fait savoir.

 

Poursuivant, Moussa Moïse Sylla a insisté sur l’importance de la reconnaissance dans la construction culturelle : « aujourd’hui, il est normal que la nation se souvienne d’elle. Il n y’a pas de culture sans reconnaissance. Parce que dans la reconnaissance, il y a la transmission. La transmission, c’est un peu comme la sève nourricière de la culture. Il faur reconnaître ceux qui ont bâtit et fait de grandes choses pour qu’aujourd’hui soit. Si nous le faisons, demain sera également. »

 

En tant que proche de la récipiendaire, l’ancien ministre de la Culture, Justin Morel Junior, a également pris la parole pour témoigner : « ensemble, nous avons bâtit des choses qui ont permis de faire avancer un peu plus la culture guinéenne. Il a produit tour à tour : Ibro Diabaté, Missia Saran, Bill de Sam, Lama Sidibé, Seny Malomou. Vraiment une dame, qui mérite cet hommage. Cela .n’a que trop duré. Célébrer nos artistes vivants, il n y a rien de plus intéressant, rien de plus reconnaissant. Nous sommes heureux pour elle. »

 

De son côté, Fodéba Isto Keira, également ancien ministre, a salué les mérites de Nènè Rougui Baldé tout en plaidant pour la pérennisation de ce type d’initiatives : « il est difficile de parler de la générosité de Mme Rougui Baldé sans que les superlatifs ne se bousculent. Elle est mécène, philanthrope… Je voudrais rendre ici hommage à tous les pionniers de la production musicale. Je crois que cette cérémonie est la meilleure illustration du slogan s’inspirer du passé pour construire l’avenir ensemble. Je souhaite que cela continue et que d’autres personnes puissent être célébrés de leur vivant. Parce que nous brillons par cette hypocrite sociale dans notre pays qui consiste à célébrer les personnes, les institutions, quand elles ne sont plus en vie. »

 

À travers cette cérémonie, les autorités culturelles entendent non seulement rendre justice à une figure emblématique de la production musicale guinéenne, mais aussi promouvoir une culture de la reconnaissance envers celles et ceux qui ont contribué, souvent dans l’ombre, à bâtir l’histoire artistique du pays.

 

Abdoul Lory Sylla pour Guinee7.com