L’affaire opposant le ministère public et l’État guinéen à Aboubacar Makhissa Camara, ancien directeur national des impôts, a été évoquée ce lundi 12 janvier devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Le prévenu a brillé par son absence.
D’entrée de jeu, le juge Yacouba Conté a signalé que, selon l’acte d’instruction, Monsieur Aboubacar Makhissa Camara « est en fuite ».
L’avocat de la partie civile, Mamadou Sanoussy Barry, a fait observer que des mesures provisoires précédemment ordonnées n’ont pas, pour l’heure, été exécutées. Cela concerne notamment la demande faite à la banque UBA de produire des rapports sur les comptes du prévenu.
Malgré l’opposition des autres parties, Me Soufiane Kouyaté a déposé sa lettre de constitution pour la défense des intérêts de l’ancien patron des impôts. Pour le peu de temps qui lui a été accordé, il en a profité pour déclarer au sujet de son client : « il n’est pas en fuite. Il n’y a pas de preuves tangibles qui prouvent qu’il est en fuite. Il est à l’étranger pour des raisons de santé. Ce ne sont que des allégations des autres parties. »
Il a demandé à la cour de lui accorder le temps nécessaire pour démontrer que son client n’est pas en fuite. En réponse, le juge lui a rappelé qu’un mandat a pourtant été décerné contre Aboubacar Makhissa Camara. En conséquence, vu l’absence de ce dernier, son avocat ne peut pas prendre la parole, puisqu’en matière pénale, l’avocat assiste son client.
Revenant à la charge, l’avocat de la partie civile a rappelé qu’il y a déjà eu deux précédents renvois. Il a ainsi sollicité que la cour réitère ses demandes auprès de toutes les banques du pays afin que celles-ci fournissent l’état des comptes du prévenu domiciliés chez elles. Il a également demandé que la conservation foncière dresse la liste des biens immobiliers appartenant au prévenu, ainsi que ceux aux noms de son épouse et de ses enfants, à Conakry et à Kindia.
En réponse à ces sollicitations, le juge a donné lecture de plusieurs courriers échangés entre le parquet et des tiers. Il a notamment lu la réponse de la banque UBA, qui a informé le parquet de l’existence d’un compte au nom du prévenu contenant plus de 4 millions de francs guinéens. Il a par ailleurs souligné que la conservation foncière n’avait, jusque-là, pas répondu.
À l’issue des débats, la cour a ordonné au gouverneur de la Banque centrale d’inviter les directeurs de toutes les banques primaires à vérifier l’existence de comptes ouverts par Aboubacar Makhissa Camara, son épouse et ses enfants et, le cas échéant, de fournir les relevés desdits comptes.
Elle a également ordonné aux conservations foncières de Conakry et de Kindia, ainsi qu’à la Direction nationale de l’architecture, de la construction et du logement (DOCAD), d’identifier les biens immobiliers appartenant à Aboubacar Makhissa Camara, à son épouse et à ses enfants.
L’affaire a été renvoyée au 16 février pour la suite des débats et la comparution du prévenu.
À rappeler qu’il est poursuivi pour des faits de détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
Suivez Guinee7.com sur les réseaux sociaux
Notre métier : informer
