Censure

Touba : Diakspora veut préserver un patrimoine bicentenaire

L’association Diakspora ambitionne de réhabiliter la Grande Mosquée de Karamakhoba, située à Touba. Pour ce faire, elle compte sur l’engagement de ses membres, le soutien de la communauté et l’apport des personnes de bonne volonté.

Composée de jeunes Djakankés résidant en France, mais profondément attachés à la Guinée, cette association souhaite apporter sa contribution, notamment dans le maintien de la cohésion au sein de leur communauté.

Créée en 2017, Diakspora regroupe des Djakankés originaires de Guinée, de Gambie et du Sénégal.

C’est à l’occasion d’un point de presse, auquel ont pris part des sages de la communauté, que ces annonces ont été faites ce dimanche 19 janvier dans un complexe hôtelier de Conakry.

Baba Guirassy, président de l’association, explique : « nous faisons souvent des masterclass, des sessions de formation, des rencontres où l’on parle des affaires… tout en préservant le côté religieux, où nous souhaitons préserver cette identité, mais aussi protéger ce patrimoine culturel qui nous a été légué par nos anciens. »

Le projet de réhabilitation de la Grande Mosquée de Touba dépasse le cadre local. Selon Baba Guirassy : « nous aurions pu aller directement à Touba, mais nous nous sommes arrêtés ici à Conakry pour dire que ce projet dépasse le cadre de Touba. Ce projet appartient à la nation entière, étant donné que c’est un patrimoine guinéen qui a vu passer d’illustres personnes. »

La réhabilitation complète de la mosquée est estimée à 1,5 million d’euros. Moustapha Diaby, chef de projet, précise : « c’est une réhabilitation complète. La mosquée a subi plusieurs modifications au fil du temps, la dernière datant de 1987, avec son ouverture en 1995. Cela fait quand même plus de 30 ans que la mosquée est dans cet état. C’est un projet pharaonique. Grâce à une grande mobilisation et à divers partenaires, la communauté Djakanké a réussi à récolter plus d’un million d’euros. Pourquoi réhabiliter la mosquée ? Il faut savoir qu’elle a plus de 200 ans, ayant été construite en 1822. À cause de sa vétusté, il est indispensable de la réhabiliter. »

L’appel à la mobilisation est ouvert : « la porte est ouverte à toute personne qui veut aider. J’invite toute personne souhaitant participer à ce projet à nous rejoindre et à nous soutenir. »

Selon le programme annoncé, le fidaw de Touba se tiendra du 20 au 23 janvier, suivi, le 24 janvier, d’une conférence rassemblant des érudits. Le 25 janvier sera marqué par la pose de la première pierre pour la réhabilitation de la mosquée.

Présents à la conférence, l’ancien Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré et M’amahawa Touré, cheffe de cabinet du ministère des Sports, se sont engagés à œuvrer pour l’implication des autorités.

Abdoul Lory Sylla pour Guinee7.com