Entre les cris de détresse des femmes et le vacarme assourdissant d’une tractopelle jaune, tables et baraques sont réduites en miettes sous le poids de la machine. En cause : le lancement par les autorités de Conakry d’une vaste opération de déguerpissement des encombrants physiques le long des autoroutes et des grands carrefours de la capitale.
En ce mercredi 21 janvier, aucun revendeur n’a osé étaler sa marchandise au carrefour de la Cimenterie, dans la commune de Kagbelen. Tandis que certains s’organisent pour déplacer à la hâte leurs petites boutiques, d’autres, majoritairement des femmes, assistent, impuissantes, à la destruction de leurs tables de vente.

Hawa Cheick Soumah, vendeuse sur les lieux, dit comprendre la décision des autorités :
« L’autorité a raison, nous sommes effectivement installés sur la voirie. Mais lorsqu’on nous déguerpit d’ici, on ne sait plus où aller pour nourrir nos enfants. »

Même inquiétude chez M’Balia Camara, qui en appelle à l’État :
« Nous allons quitter aujourd’hui, mais que le Président nous aide à trouver un autre emplacement. Il n’y a pas de marché à proximité et nous avons beaucoup d’enfants à charge. »
Sollicités, le vice-maire de la commune de Kagbelen ainsi que le commissaire, chef de mission, n’ont pas souhaité s’exprimer.

La seule réaction officielle recueillie est celle d’Ibrahima Sory Soumah, chef du secteur 5 du quartier Ansoumania Plateau, localité concernée par l’opération :
« Nous avons reçu des instructions venues d’en haut. Nous ne sommes que des exécutants. Des avertissements ont été donnés et aujourd’hui, nous procédons au nettoyage de cet espace. »
Cette opération de déguerpissement de la voirie urbaine se poursuit dans l’ensemble de la capitale et devrait s’étendre sur plusieurs semaines.
Alh Cheick pour Guinée7.com
